05/22/2014

Votre vote vous appartient

Faire bouger l’Europdrapeaux Europe Francee, c’est possible et cela a déjà commencé. Le problème est qu’en France beaucoup n’y croit plus ! Depuis une vingtaine d’année, l’Europe est le bouc émissaire de tous nos maux. Depuis François Mitterrand, aucun président de la République n’a défendu cette si belle idée qu’est l’Europe. Depuis Jacques Delors, aucun président de la Commission européenne ne s’est autant battu pour les valeurs fondatrices de l’Europe. Celles des droits de l’homme et de la femme, celles de l’éducation et de l’accès à la santé, celles de l’égalité des chances et de la justice, celles de la préservation de notre planète. 

Nous sommes encore loin du chemin mais ce n’est ni le refus, ni le scepticisme, ni la défiance qui nous feront avancer.

Il est vrai que depuis dix ans, l’Europe donne souvent l’impression d’être le conseil d’administration d’une société anonyme ! Mais pourquoi aller voter ?

C’est l’enjeu crucial de l’élection de dimanche. Ceux qui pensent que ce vote serait sans conséquence se trompent. Pour la première fois de son histoire, le projet européen que défend la France depuis la guerre, est profondément menacé. Alors, c’est le moment ou jamais de redresser la tête.

Notre continent peut être et doit être la première puissance économique et démocratique. Sa force est d’abord l’unité des pays qui le composent. Son union n’a jamais été si fragile et le retour aux nationalismes conduirait aux affrontements et à la ruine. Vous connaissez ceux qui s’en gargarisent et qui vous trompent en faisant croire qu’ils défendent les peuples et les travailleurs. Ceux-là ne font rien d’autres qu’attiser les peurs et les haines en surfant sur la crise. Ils détruisent mais n’ont pourtant jamais été aussi haut-placés dans de nombreux pays européens. L’extrême droite est un poison pour la France comme pour l’Europe.

Durant cette dernière décennie, la majorité qui domine l’Europe a été incapable de faire émerger un projet et de la faire progresser. Le Parti Populaire Européen porte bien mal son nom et son règne s’essouffle. Ne lui donnons surtout pas l’occasion de poursuivre l’enlisement de l’Europe.

Dernièrement, sous l’impulsion de la France, un accord a été trouvé pour que onze pays mettent en place la taxe sur les transactions financières. Tout le monde en parlait mais personne ne le faisait. Sous la pression de la France, la directive sur le détachement des travailleurs a été renforcée pour mettre fin au dumping social. Que de batailles, de combats et de temps passé… Ces avancées, nous devons les poursuivre et les consolider. Pour cela, le parlement et la commission européenne doivent changer d’orientation afin que le progrès social et la croissance soient au cœur de l’Europe. Si le Parti Socialiste Européen emporte cette élection majeure, alors ce sera concrètement, l’instauration d’un salaire minimum européen, l’harmonisation fiscale si indispensable, le renforcement du parlement pour un contrôle démocratique.

Ne nous trompons pas de combat. Ce n’est pas le sort du président de la République et du gouvernement qui est en jeu mais l’avenir de l’Europe. Elle peut repartir sur des bases nouvelles avec une majorité de gauche et l’élection de Martin Schultz à la tête de la commission européenne. Elle peut s’enfoncer avec la reconduction de la droite. Elle peut aussi mourir de la victoire des populistes et des extrémistes. N’abandonnons pas le terrain aux démagogues. Cela mérite d’aller voter dimanche.

Retrouvez la tribune de François Hollande dans le Monde du 8 mai 2014