03/07/2011

UN SONDAGE TRÈS BRUYANT

Le vacarme médiatique d’un sondage plaçant Marine Le Pen en tête du 1er tour de l’élection présidentielle a couvert toute l’actualité de ces deux derniers jours. C’est beaucoup, compte tenu de la valeur d’un tel sondage à un an du scrutin, d’autant que certains doutent de sa rigueur.

L’Institut Louis Harris vient d’annoncer qu’il allait recommencer ce sondage avec cette fois Dominique Strauss Khan et François Hollande en candidats du PS à la place de Martine Aubry. Pourquoi ne pas l’avoir pris en compte dès le début ? Parce que l’important pour faire du bruit c’est l’annonce du Front National en tête. Au delà du tohu‐bohu, je ferais quatre remarques. 1°) La majorité de ceux qui choisissent Marine Le Pen au 1er tour ont voté Nicolas Sarkozy en 2007. Ils sont les déçus de Sarkozy. 2°) Pourquoi s’étonner que Nicolas Sarkozy perde les voix de la droite populaire avec la politique qu’il mène en faveur des plus riches ? Il l’a montré le soir même de son élection en fêtant sa victoire au Fouquet’s entouré des plus grands patrons du CAC 40. 3°) Comment oublier que le FN a obtenu au 1er tour de la présidentielle de 2002 près de 17 % des voix ? Ce fut « un coup de tonnerre » mais l’orage n’a pas disparu même si on aime à nous faire croire qu’il est tenu éloigné. 4°) Depuis 25 ans nous sommes incapables de traiter le FN politiquement et médiatiquement. Faut-il continuer à le diaboliser ? Ce n’est plus possible sous les traits de l’héritière très sollicitée en candidate à la succession (LE VRAI VISAGE DE MARINE LE PEN). Même avec le père et malgré ses provocations assassines la diabolisation n’a pas fonctionnée. Faut il-en parler, quitte à le banaliser et l’asseoir à la table des autres partis politique ? A force d’osciller entre les deux, on en a fait un phénomène qui renait de ses cendres. Attention de ne pas en faire un mythe. Marine Le Pen n’est pas la réponse « au ras le bol de Sarkozy », la politique que propose le FN aujourd’hui, bien qu’elle change souvent, n’est en fait pas très éloignée de celle du Président de la République.