07/11/2011

« TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS » : LE DÉSASTREUX BILAN

La première loi qu’a fait voter Nicolas Sarkozy après son élection en 2007 fut le célèbre paquet fiscal, censé amener croissance, emploi et hausse des salaires. 4 ans plus tard, les français n’ont eu que la récession, le chômage et la baisse du pouvoir d’achat.

La plupart des coûteuses mesures créées à cette occasion, comme le bouclier fiscal, ont été supprimées depuis. Preuve que la droite elle-même s’est rendue compte de leur inefficacité. La seule qui subsiste encore est la défiscalisation des heures supplémentaires, traduction du slogan devenu célèbre « Travailler plus pour gagner plus ».

Deux députés, socialiste et UMP, viennent d’en dresser le bilan et celui-ci est particulièrement mauvais. Pour le fameux « travailler plus », il n’ont tout simplement pas réussi à en trouver une trace concrète. Le nombre d’heures supplémentaires n’a pas augmenté et la durée moyenne effective du travail non plus. Les employeurs ont surtout bénéficié d’un effet d’aubaine et ont déclaré des heures sup qui ne l’étaient pas auparavant.

Le « gagner plus » a lui été identifié sur les feuilles de paie des quelques salariés qui ont pu en bénéficier, mais reste très modeste. La moitié des employés concernés ont ainsi touché moins de 29 € supplémentaires par mois. On est très loin des promesses de campagne sur la hausse du pouvoir d’achat.

Ce qui est élevé par contre c’est le coût de la mesure : 4,5 Md€ par an ! Somme qualifiée à juste titre de « dépense peu efficace » étant donnée le faible gain pour la société. Mais ces milliards viennent s’ajouter à la dette de la France que la droite a doublée lors des 10 dernières années.

Enfin le dernier défaut de cette mesure, qui est sans doute aussi le plus grave, est son impact sur le chômage. Dans la période de sous-emploi massif que nous vivons, il serait plus efficace d’aider les entreprises à embaucher un nouvel employé plutôt que de les subventionner pour faire travailler plus ceux qui sont déjà dans l’entreprise. Or le gouvernement a mis en place et maintenu sa politique, même lorsque le chômage a explosé.

A l’étranger, seule l’Italie de Berlusconi avait pensé rendre, comme la France, l’heure de travail supplémentaire moins chère que l’heure de travail normale. Elle a reculé au moment de la crise. Notre gouvernement, enfermé dans son idéologie, n’a même pas eu ce réflexe de bon sens dont les conséquences se mesurent aujourd’hui dans les files d’attente de Pôle Emploi.