07/08/2009

TRAVAILLER LE DIMANCHE POUR GAGNER AUSSI PEU QUE LA SEMAINE

Comme chaque été, la droite profite de l’arrivée des beaux jours pour faire passer discrètement des textes qui soulèveraient indignations et protestations à un autre moment de l’année. Cette fois-ci c’est le grand retour de la proposition de loi Maillé sur le travail le dimanche. La précédente version du texte avait été repoussée il y a 6 mois devant la combativité des députés socialistes et le manque d’enthousiasme d’une partie de la majorité. Aujourd’hui le gouvernement essaie de faire croire qu’il s’agit d’un petit texte à la porté limitée. C’est totalement faux : il est encore pire qu’il y a 6 mois !
Il prévoit que les commerces situés dans les « communes touristiques » pourront ouvrir « de droit » tous les jours de la semaine. Cela signifie que, dans ces zones, les salariés pourront travailler tous les dimanches de l’année, sans double salaire, sans repos compensateur et sans être volontaires. Au contraire, refuser de travailler le dimanche pourra même être une cause de licenciement.
Près de 6.000 communes seront concernées, soit la totalité des grandes villes et des villes moyennes, ainsi que toutes les communes ayant une petite capacité hôtelière ou étant situées sur le littoral.
Cette mesure n’apportera rien économiquement. Comment imaginer que les français iraient dépenser le dimanche l’argent qu’ils n’ont pas le reste de la semaine ? Ils ne feront que déplacer le moment de leur achat. Les petits commerces ont donc raisons de s’inquiéter car ouvrir une journée supplémentaire leur coutera plus cher qu’elle ne leur rapportera. Les avantages pour les salariés restent quant à eux au stade du mirage. De l’aveu même du vice-président du groupe UMP Jean Léonetti : « on ne peut pas étendre ce doublement de salaire à l’ensemble de la France sinon on va mettre les entreprises en danger. ».
Ce texte n’est au final qu’une première étape vers la généralisation du travail le dimanche pour tous, car les magasins ouverts devront être livrés, les machines en pannes réparées, les enfants des salariés gardés…