11/04/2010

TRANSPORTS EN ILE-DE-FRANCE : L’ÉTAT SE DÉROBE

La réunion commune aux deux débats publics en cours sur les projets du Grand huit porté par l’État et d’Arc Express voté par la Région et les départements franciliens qui devait avoir lieu le 8 novembre a été annulée. Je le regrette car nous devions enfin parler du financement de la double boucle. Gilles Carrez auteur d’un rapport sur le financement des transports devait y prendre la parole. Son rapport propose des pistes innovantes qui méritent d’être présentées et expliquées aux franciliens.

Cette annulation soudaine n’est pas le fruit du hasard. Depuis le lancement en grande pompe du projet Grand Paris par le Président de la République en avril 2009, tout n’est que déconvenues et passages en force. Ainsi, l’extraordinaire vision d’aménagement de la métropole envisagée par les 10 architectes s’est réduite au fur et à mesure à la réalisation d’un métro automatique de plus de 150 km conçu par les services de l’État dont le coût a été estimé à plus de 23 milliards d’euros, sans aucune solution de financement.

Pourquoi dès lors annuler cette réunion ? L’évidence s’impose : l’État n’est pas en mesure de dire comment il peut financer le Grand huit. Les incertitudes portant sur les 4 milliards d’euros de dotation initiale pour lancer la SGP le confirme, malgré les promesses de Michel Mercier, secrétaire d’État depuis peu en charge du dossier du Grand Paris.

À ce jour, cette dotation ne figure dans aucune loi d’orientation budgétaire. Dans ces conditions, pourquoi avoir lancé un débat public sur un projet non financé ? L’annulation de cette réunion montre l’embarras de l’État sur le sujet.

En face, la Région et la Mairie de Paris disposent d’une enveloppe bouclée dans le cadre de leur plan de Mobilisation pour les transports qui, au-delà d’Arc express, propose plus de 60 autres projets pour améliorer les déplacements des franciliens. La synthèse entre les deux projets tant attendue par l’État et sollicitée dès la 1ère réunion du débat public le 30 septembre dernier, révèle que le réseau du Grand Paris est une illusion et que sans le projet Arc express et ses financements, il ne pourra pas sortir de terre.