12/17/2010

SRU : LES 10 ANS D’UNE BONNE LOI

La loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) a 10 ans ! Portée par le Gouvernement Jospin et votée par les parlementaires de gauche le 13 décembre 2000, elle a posé le principe de la mixité sociale en imposant à chaque commune de disposer d’au moins 20 % de logements sociaux d’ici de 2020.

Elle n’a pas réglé tous les problèmes d’un coup de baguette magique, mais elle a engagé une réelle dynamique. La construction de logements sociaux a augmenté, notamment dans les zones où il y en avait peu avant, et l’idée qu’ils permettent aux ménages de se loger à des prix abordables s’est généralisée. Aujourd’hui, tout le monde a compris qu’il ne s’agit plus de construire de grandes barres d’immeubles inhumaines comme dans les années 70. Alors que la France traverse l’une des plus grave crise du logement de son histoire, on ose à peine imaginer dans quel état serait le pays sans cette loi.

Combattre le mal-logement est avant tout une question de volonté politique. Dans ce domaine, la Mairie de Paris donne l’exemple puisque malgré le retard considérable accumulé avant 2001, elle atteindra les 20 % de logements sociaux dès 2014. Elle investit chaque année plus de 400 M€ pour financer cet objectif. Mais tout le monde n’agit pas de la même manière et encore trop de communes, gérées le plus souvent par des maires UMP, préfèrent encore payer des amendes plutôt que de construire des logements accessibles.

C’est surtout au niveau de l’Etat que le bas blesse. On est très loin aujourd’hui du volontarisme d’il y a 10 ans. Aucune consigne n’est donnée aux préfets pour bousculer les maires récalcitrants. Quant au budget du logement, il est constamment en baisse depuis plusieurs années. En 2011, le gouvernement va même encore plus loin dans le cynisme puisqu’il va taxer 245 M€ sur les organismes HLM pour régler sa propre dette envers l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine ! Il continue ainsi d’aggraver la crise au lieu de la régler.

Des solutions existent pourtant, mais nécessitent un changement complet de la politique menée. Faire du logement une vraie priorité, en actes plutôt qu’en discours, signifie réorienter l’argent public dans la construction, plutôt que dans les cadeaux fiscaux aux plus riches. Tripler les amendes pour les communes qui refusent toujours de construire et faire passer de 20 % à 25 % le taux de logements sociaux dans les zones les plus tendues serait aussi efficace. Encadrer les loyers à la relocation permettrait également d’éviter les hausses excessives.

Aucune prise de conscience n’est à attendre du gouvernement. Aveuglé par son idéologie, camouflé derrière ses slogans comme « La France des propriétaires », il persistera dans ses erreurs jusqu’au bout. Seul un changement de majorité permettra la mise en place d’une politique du logement enfin efficace.