10/10/2010

SELON LE GOUVERNEMENT LA CRISE EST FINIE !

Aux questions des députés dans l’hémicycle, le ministre du Budget François Baroin a répondu avec aplomb « la crise est derrière nous ». Quelle bonne nouvelle !

Mais de qui parle-t-il exactement lorsqu’il dit « nous » ? Probablement des actionnaires des entreprises du CAC 40, puisqu’ils se sont partagés cette année 36 milliards d’euros de dividendes. Peut-être pense-il aussi aux banques que l’Etat a renfloué pour plusieurs dizaines de milliards d’euros il y a seulement deux ans. Les bénéfices de BNP-Paribas ont en effet augmenté de 40 % cette l’année, ceux du Crédit Agricole de 110 % et ceux de la Société Générale de 6.825 % ! Mais la crise n’est pas finie pour les chômeurs.

Aujourd’hui, plus de 2,771 millions personnes sont privées d’emplois et rien dans la politique du gouvernement de permet d’espérer une réelle amélioration. Les jeunes en particulier sont durement touchés puisque 25 % des moins de 25 ans sont sans emplois. Le ministre ne parle pas non plus pour les 325.000 chômeurs arrivés en fin de droit en 2010, qui ne peuvent donc prétendre à aucun revenu de remplacement et ne constatent depuis des mois que le mépris du gouvernement.

La crise n’est pas soldée non plus pour l’immense majorité des français. Renflouer les banques, sans contre partie, au bord d’une banqueroute qu’elles avaient elles mêmes provoquée a eu pour effet de creuser la dette du pays jusqu’à un niveau abyssale. Pour rembourser cette dette, le gouvernement n’a trouvé comme réponse qu’un plan de rigueur touchant avant tout les plus modestes. C’est à dire plus de taxes en tout genre et moins d’argent pour les investissements importants, les services publics, la solidarité, les associations…

Le dernier exemple à la fois le plus caricatural et le plus injuste, c’est l’augmentation de 2 % des loyers HLM imposée par le gouvernement dans le budget 2011. Une fois encore, ce sont parmi les plus modestes qu’il faut trouver de l’argent, tandis que les plus privilégiés sont toujours protégés par le bouclier fiscal. Ainsi, au détour d’une phrase, François Baroin nous rappelle qu’il est naturellement le ministre des rentiers, des banquiers, de l’argent qui va toujours vers les mêmes, mais pas celui du peuple qui doit payer les conséquences d’une crise qui n’est pas terminée.