04/18/2012

SE SOIGNER À PARIS COÛTE PLUS CHER

Se soigner coûte de plus en plus cher. A peine 55 % du montant des soins courants sont aujourd’hui remboursés par la Sécurité sociale, ce qui signifie que c’est au patient de payer le reste. La facture grimpe vite quand s’additionnent à la consultation, un scanner, les examens biologiques et les médicaments. La conséquence est simple : les patients sans mutuelle ne peuvent faire face ; de fait un français sur quatre renonce à se faire soigner ou reporte à plus tard son rendez-vous chez le médecin.

La politique menée par la droite depuis 10 ans a aggravé cette situation. Les franchises médicales, le forfait hospitalier, l’accès maintenant payant à l’aide médicale d’Etat et le coût des médicaments pèsent directement sur le porte monnaie des patients. La droite a privilégié le remboursement mutualiste au détriment de la prise en charge par la Sécurité Sociale.

Une enquête du journal Le Monde vient illustrer le mécanisme de l’inégalité de l’accès aux soins : l’explosion du nombre de médecins et de chirurgiens pratiquant les dépassements d’honoraires, à charge des patients, non remboursés par la Sécurité Sociale et les mutuelles. Ce phénomène est d’ailleurs beaucoup plus important à Paris que dans les autres villes puisqu’il concerne 45 % des praticiens, contre 12 % à Marseille ou 9 % à Toulouse. La part non remboursé par la Sécu et la mutuelle d’une simple consultation est en moyenne de 15 € dans la capitale. C’est très loin de 2 € constatés dans d’autres villes comme Montpellier, Bordeaux ou Nantes.

Les dépassements d’honoraires, qui devraient selon les recommandations du Conseil de l’Ordre des médecins s’appliquer “avec tact et mesure “, atteignent des sommes parfois considérables, plusieurs centaine ou milliers d’euros. Les mutuelles pour faire face à ces dépassements  incontrôlés ont largement augmenté leurs cotisations devenues rédhibitoires pour les petits budgets. Le fossé se creuse entre les patients mutualisés et les simples assurés sociaux.

Si de tels excès sont devenus possibles, c’est aussi parce que le gouvernement n’a rien fait pour les empêcher. Une fois de plus, on constate que le « courage » et le « volontarisme » a été plus présent dans les discours que dans les actes.

François Hollande s’est lui engagé à faire cesser cette dérive. La santé à deux vitesses voulue par la droite n’est pas une fatalité. Tout le monde doit avoir accès à une médecine de qualité, quelque soit ses revenus. C’est pourquoi il procédera à l’encadrement des dépassements d’honoraires par spécialité et par région. Couplé aux autres réformes qu’il propose, nous rendrons notre système de santé plus accessible et plus performant.