10/24/2013

Sauvegarder les retraites, c’est possible

Équilibre et justice dans le partage des efforts, tels sont les principes qui ont guidé la rédaction de la loi sur la réforme des retraites.

Trouver 7,5 Md€ pour sauver notre système de retraite par répartition sans trop peser sur la croissance, le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises, c’est compliqué mais nécessaire.

Si les grands axes sont connus, il est important d’expliquer aussi les mesures qui vont améliorer concrètement la vie de millions de personnes.

Par exemple, nous allons efficacement réduire les inégalités très fortes qui existent entre les hommes et les femmes devant la retraite. A partir de janvier 2014, les trimestres d’interruption liés au congé maternité seront considérés comme cotisés. La majoration de 10% qui est aujourd’hui attribuée aux femmes à partir du 3ème enfant le sera dès le 1er. Nous créons aussi une meilleure prise en compte des temps partiels, qui sont occupés à 82% par des femmes. Pour celles dont le salaire de dépasse pas 1,5 SMIC, il sera plus facile de valider leurs 4 trimestres par an.

Les carrières heurtées seront également beaucoup mieux prises en compte puisque les périodes de chômage et de formation professionnelles seront d’avantage comptabilisées.

Depuis des années, la gauche se bat pour que la pénibilité soit enfin intégrée dans le calcul des retraites, ce sera chose faite. Plus de 3 millions de personnes sont concernées par les critères de pénibilité définis par les partenaires sociaux en 2008 : travail de nuit, exposition aux produits toxiques, manipulation de charges lourdes… Grâce à cette réforme ils pourront gagner jusqu’à 2 ans de retraite.

Cette loi est aussi un vrai revers pour les ténors de la droite. Souvenons-nous de ce qu’ils ont pu dire ces dernières années. Ils se vantaient d’avoir sauvé notre système de retraite avec leurs réformes de 2004 et 2010 : c’était faux. Le déficit serait de 21 Md€ en 2020 si nous le laissions tel quel.

Souvenons-nous aussi qu’il y a encore quelques semaines, beaucoup pariaient sur notre incapacité à mener cette indispensable réforme et que les défilés protestataires seraient nombreux. Mais la méthode de la concertation et du dialogue social a prévalu. Tous les responsables syndicaux sont d’ailleurs venus s’exprimer devant les députés socialistes. S’ils avaient naturellement des propositions pour modifier le texte, ils convenaient tous de la nécessité d’agir et du peu de solutions alternatives au projet de loi du gouvernement.

Alors que la droite ne pense comme d’habitude qu’à taper sur les salariés en voulant prolonger à 65 ans l’âge de départ en retraite et à 44 ans la durée des cotisations, la gauche réussi une réforme équilibrée et juste qui garantit l’avenir de notre système de retraite par répartition. C’était un engagement de François Hollande. Encore un engagement tenu.