02/09/2011

SARKO PRIS AUX MAUX PAR LA JUSTICE

C’est à un mouvement sans précédent de la magistrature que nous sommes en train d’assister. Et bien légitime. Le Président de la Republique a essayé une fois de plus d’instrumentaliser un fait divers dramatique pour pointer du doigt le soi-disant laxisme des juges. Mais cette fois-ci, en prenant les magistrats du parquet de Nantes comme boucs émissaires, il n’est parvenu qu’à montrer au grand jour l’état déplorable dans lequel son gouvernement mène la justice de notre pays.

Depuis de nombreuses années, les magistrats tirent régulièrement l’alarme pour déplorer la dégradation de leurs conditions de travail et le manque de moyens qui leurs sont affectés. Selon le classement 2010 de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CEPEJ), la France est classée en effet au 37ème rang sur 43 concernant le budget de la justice dépensé par habitant et au 39ème pour le nombre de juges et de procureurs! Cette situation est totalement indigne de notre pays.

Mais le gouvernement ne compte pas améliorer notre justice, bien au contraire. La règle stupide du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux continue de s’appliquer à la justice comme ailleurs, même si cette dernière se trouve déjà dans une situation aberrante de sous-effectif. 76 postes de magistrats vont ainsi disparaître en 2011.

Certains juges d’application des peines ont plus de 1.500 dossiers à traiter, des postes greffiers ou de magistrats sont laissés vacants depuis des années et parallèlement la majorité multiplie les lois sécuritaires depuis 9 ans sans se demander si la police ou la justice sont en état de les appliquer.

Comment, dans ces conditions, la majorité présidentielle peut-elle encore s’étonner que les magistrats fassent un tri selon l’urgence des dossiers et que 100.000 peines attendent d’être appliquées.

Nicolas Sarkozy voulait trouver les « responsables des dysfonctionnements » dans l’affaire de Nantes. Qu’il regarde dans quel état de misère il a mis la justice et il aura répondu en grande partie à sa question.