03/09/2012

RETRAITES : QUAND LA GAUCHE ANTICIPE, LA DROITE DILAPIDE

10 ans après, Lionel Jospin fait encore gagner de l’argent à la France. En 1999, en plus de réduire la dette et le nombre de chômeurs, il a anticipé les problèmes à venir en créant le Fond de Réserve des Retraites.

Conscient que le pique démographique le plus difficile à passer arriverait en 2020, se fond était sensé économiser, année après année, les milliards d’euros nécessaires à la préservation de notre système de retraite. Ce sont ainsi plus de 30 Md€ qui ont été mis de côté en 3 ans.

Malheureusement, en 2002 lorsque la droite est revenue au gouvernement, elle a cessé d’alimenter ce fond. Pire, alors que la loi interdisait aux gouvernements de venir piocher dans ce bas de laine avant 2020, elle s’est autorisée à ponctionner 2 Md€ tous les ans à partir de 2010.

Le résultat 2011 du Fond de Réserve illustre bien la différence entre anticipation et vision à court terme. Alors que ce fond, créé par la gauche, a dégagé 200 M€ de bénéfices qui nous seront bien utiles dans 8 ans, la ponction de 2 Md€, décidée par la droite pour combler ses déficits, a fait baisser la réserve de 37 à 35 Md€.

Si les français accordent leur confiance à François Hollande, il reviendra sur les injustices de la réforme de 2010 et assurera un financement clair et sûr de notre système de retraite. Tout salarié qui aura commencé à travailler à 18 ans, ou plus jeune, et qui aura toutes ses annuités pourra partir à taux plein à l’âge de 60 ans.

Dès 2012, une négociation sera engagée par l’Etat avec les partenaires sociaux. Elle intégrera l’ensemble des autres enjeux : pénibilité, financement et contribution des revenus du capital, décote pour ceux qui n’ont pas leurs annuités et qui veulent partir avant, organisation des temps de vie, sécurisation des parcours professionnels.

Anticipation contre vision à court terme. Concertation contre passage en force. Sur la réforme des retraites, ce ne sont pas seulement deux solutions opposées que la droite et la gauche proposent aux français, mais aussi deux conceptions différentes de la politique.