07/22/2010

RETRAITES : POUR UNE VRAIE PRISE EN COMPTE DE LA PÉNIBILITÉ AU TRAVAIL

Le gouvernement a beau dépenser plusieurs millions d’euro en publicité pour vendre sa réforme des retraites, personne n’est dupe : elle sera injuste et ne réglera en rien les problèmes de fond.

La manière dont est traitée la question centrale de la pénibilité en est un bon exemple. Des critères définissant ce qu’est un métier pénible existent pourtant et ils ont été validés par les partenaires sociaux. L’espérance de vie, qui est 7 ans plus courte chez un ouvrier que chez un cadre supérieur, est l’un des plus importants. Les travaux issus de la médecine du travail, des études de santé publique et des statistiques de l’INSEE nous permettent d’avoir une vision précise de la situation pour chaque profession. Nous connaissons les risques encourus, le pourcentage et le type de maladies et de troubles, à quel âge et au bout de combien de temps d’exercice ils surviennent. Nous disposons donc de tous les éléments nécessaires pour faire une vraie et grande réforme des retraites qui tient compte de la réalité de la vie des français.

Au lieu de cela, le gouvernement n’utilise le terme « pénibilité » que pour faire diversion et mettre une fausse touche de social sur une réforme qui en manque cruellement. En fait de pénibilité, le projet de loi prévoit que les personnes souffrant d’une invalidité de plus de 20 % pourront continuer à prendre leur retraite à 60 ans au lieu de 62. La prise en compte de l’invalidité nous semblait tout de même acquise. Mais le ministre des Affaires Sociales nous la propose comme une nouveauté qui plus est à la place de la pénibilité au travail ! C’est vraiment se moquer du monde !

Pour le gouvernement, l’ouvrier qui porte toute la journée des charges lourdes n’a pas un métier pénible. Le couvreur qui arpente les toits sous la neige ou par grande chaleur non plus. Le fait qu’ils profitent moins longtemps de leur retraite qu’un trader ou un avocat spécialiste de la défiscalisation de patrimoine ne pose apparemment aucun problème à la majorité qui nous gouverne.

Le projet de loi a commencé à être étudié en commission, mais à huit-clos, sans doute de peur que le ministre Eric Woerth ne soit trop exposé. En plein mois de juillet, le gouvernement espère que les français seront tout à leurs vacances pour s’intéresser à leur retraite. Là encore, c’est les prendre pour des imbéciles.

Le « vrai » débat interviendra donc en septembre, en séance publique cette fois et la droite ne pourra plus se cacher. Prenons date : nous serons là, dans l’hémicycle et dans la rue, pour faire reculer Nicolas Sarkozy et sauver nos retraites.