09/10/2010

RETRAITES : LE DÉBAT EST LANCÉ

Jusqu’à maintenant le principal argument de la droite pour justifier cette réforme des retraites était simple, voire simpliste : le vieillissement de la population rendraient inéluctable de reculer le droit à la retraite de 60 à 62 ans. Le problème, c’est qu’en 2003, lors de la réforme Fillon, les mêmes députés de droite avançaient déjà le même argument. À l’époque ils promettaient que les sacrifices qu’ils imposaient aux français allaient régler totalement la question du financement de notre système de retraite. Le simple fait que nous soyons aujourd’hui en train de débattre une nouvelle fois de ce sujet est la preuve de l’échec de leur politique, que ce soit la réforme de 2003 ou la politique économique menée depuis.

Mais au cours du débat à l’Assemblée nationale, Eric Woerth a fini par avouer l’autre raison de la précipitation gouvernementale : la crise a aggravé la situation et amené les déficits à un niveau plus élevés qu’attendus. Mais ce n’est pas aux salariés de payer une fois encore pour cette crise. Surtout, cela prouve bien que le problème actuel n’est plus lié à la démographie, qui n’a pas changé depuis 2003, mais aux faibles rentrées fiscales dont la droite est doublement responsable. D’une part elle n’a cessé de multiplier les niches, exonérations et autres boucliers fiscaux qui ne profitent qu’aux plus riches, mais coûtent à tous les autres. D’autre part, la politique économique qu’elle mène depuis 8 ans a largement aggravé le chômage, ce qui réduit mécaniquement les cotisations retraites.

Finalement, la seule concession du gouvernement cette semaine aura été la reconnaissance que le PS a bel et bien un projet alternatif. La comparaison entre les deux est d’ailleurs sans équivoque : le notre est plus juste pour les français et répond réellement à l’importante question du financement. Avec les députés du groupe socialistes, nous bataillons depuis le début de la semaine pour que nos amendements et nos idées soient pris en compte, mais l’autisme et l’intransigeance de la majorité ne nous a pas encore permis de limiter la casse. Nous continuerons pourtant à nous battre jusqu’au bout  et à prouver au français qu’une autre réforme est possible.