09/07/2010

RÉFORME DES RETRAITES : NON À LA PROPAGANDE, NON À LA CULPABILITÉ

Face à un gouvernement qui annonce avant le début des débats à l’Assemblée nationale qu’il ne cédera pas sur l’essentiel de son projet de réforme des retraites, la mobilisation doit être massive.

Nous devons amener la majorité qui nous gouverne à enfin aborder les sujets de fonds pour préserver l’avenir de nos retraites. Car pour imposer une réforme injuste et irresponsable, la droite n’a cessé de cacher la réalité de son projet à coups d’arguments lapidaires. Elle répète depuis des années que puisque nous vivons plus longtemps, nous devrions travailler plus vieux. Ainsi, la seule solution pour financer les retraites serait de reculer l’âge légal de départ à 62 ans. Seulement, le gouvernement ne tient pas compte de la réalité : à l’âge de toucher leurs droits à la retraite six salariés sur dix ne travaillent plus. L’âge réel de fin d’activité se situe vers 59 ans. Comment travailler plus longtemps si l’on est exclu du marché du travail ? Ainsi on préfère avoir des chômeurs plutôt que des retraités ! La priorité n’est pas de reculer l’âge de la retraite, mais de soutenir l’emploi, dont celui des seniors. La bataille contre le chômage est la meilleure garantie pour financer durablement les retraites.

Dans la liste des fausses vérités martelés, on trouve aussi en bonne place la comparaison avec le système des retraites des autres pays européens. Outre qu’il est difficile de comparer des pays dont la démographie ou l’économie n’est pas semblable, on oublie de tenir compte de la durée de cotisation. En Allemagne, par  exemple, il faut 35 annuités pour une retraite à taux plein. En 2013, la durée de cotisation en France passera à 41,5 annuités. La droite utilise aussi à tout bout de champs l’âge légal de départ à la retraite chez nos voisins. En Allemagne encore, non seulement il ne sera porté à 67 ans qu’en 2029, mais à la seule condition que 50 % des salariés de plus de 60 ans aient un travail. En vérité, le projet de réforme des retraites de la France est le plus dur d’Europe. Il aggrave les inégalités entre les hommes et les femmes, il pénalise particulièrement les salariés ayant commencé à travailler jeunes et ceux ayant eu des carrières chaotiques et incomplètes.

Les négociations entre les partenaires sociaux et le ministre du travail auraient dü aborder la question de la diversité des financements et plus seulement la question de l’âge. L’effort doit être partagé entre tous les français et ne pas reposer à 90 % sur les seuls salariés. Il est temps de comprendre qu’il est encore possible que la retraite soit choisie et non imposée.