02/03/2010

RAPPORT DE LA FONDATION ABBE PIERRE : ACTE D’ACCUSATION CONTRE LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT

rapport-fondation-abbe-pierre-2010.jpgLa Fondation Abbé Pierre a publié son rapport annuel sur le mal logement. Comme tous les ans le constat est accablant : plus de 3,5 millions de personnes connaissent un réel problème de mal logement, dont près de 600.000 enfants. Pour prendre la mesure complète de la crise, il faut aussi y ajouter les 6,6 millions de personnes en situation de réelle fragilité.

Les excuses sont connues : il manque des logements depuis longtemps, il y a la crise économique mondiale, la crise de l’immobilier, les caisses de l’Etat sont vides… Le gouvernement a pourtant su trouver 360 milliards d’euros en 15 jours pour sauver les banques il y a un an. Il a su trouver les 15 milliards que coûte chaque année le paquet fiscal pour accorder toujours plus de cadeaux aux plus aisés. Mais en 2010, il ne veut pas consacrer plus de 480 millions d’euros pour construire du logement social, contre 800 en 2009. Même le bouclier fiscal lui coute plus cher, alors qu’il ne bénéficie qu’aux 15.000 français les plus riches.

Ce qui est particulièrement rageant à la publication de ces chiffres, c’est de constater que, une fois de plus, année après année, malgré les beaux discours et les promesses, malgré les six lois en sept ans, les rapports et les sonnettes d’alarme, la situation empire. La vraie raison, c’est le manque totale de volonté pour changer de politique et s’attaquer aux problèmes de fond. A moins que cela n’intéresse pas vraiment la majorité qui nous gouverne. La suppression du ministère du logement et l’absence du secrétaire général de l’UMP aux débats organisés par la fondation Abbé Pierre en sont les derniers signes.

La droite continue de considérer que c’est à l’offre et à la demande de régler le marché du logement et que l’Etat doit y intervenir le moins possible, sauf pour créer des niches fiscales en faveur des investisseurs sans contrepartie sociales. La situation montre à quel point ces mesures sont injustes et déconnectées de l’ampleur du phénomène.

Les propositions faites par la Fondation vont dans le même sens que celles que je défends depuis des années : produire des logements abordables pour le plus grand nombre, diminuer la part du logement dans le budget des ménages par des aides adaptées, encadrer les loyers à la relocation, faire appliquer la loi SRU en poussant les maires récalcitrants à atteindre les 20% de logement social, rediriger vers la construction les milliards d’euros gâchés dans l’aide à l’accession à la propriété, construire suffisamment de places d’hébergement pour accueillir les sans domicile fixe…

La tache est immense et tout ne se réglera pas en un jour. Mais pour y parvenir, encore faut-il mettre en œuvre une politique qui tend a régler les problèmes au lieu de les accroître.

 

Vous pourrez trouver le rapport de la Fondation Abbé Pierre à cette adresse : Fondation Abbé Pierre

Mes précédents billet traitant du logement :
LA CRISE DU LOGEMENT N’EXISTE PAS QU’EN HIVER
SONNETTE D’ALARME EN FAVEUR DU LOGEMENT SOCIAL
LA DROITE PARISIENNE S’ACHARNE CONTRE LE LOGEMENT SOCIAL
LA POLITIQUE DU LOGEMENT ÉPINGLÉE PAR LE CONSEIL D’ÉTAT