03/28/2011

QUARTIERS EN DIFFICULTÉ : ENSEIGNEMENT ABANDONNÉ

J’ai dernièrement eu l’occasion d’accompagner une délégation de la FCPE et de la PEEP de l’école Marguerite Long située dans le 17ème arrondissement à un rendez-vous avec le recteur de Paris. Cette rencontre fait suite à une manifestation à laquelle j’avais participée devant le rectorat pour protester contre la fermeture d’une classe de maternelle à l’école Marguerite Long. Ce combat est symptomatique de ce que je constate dans les établissements scolaires situés dans les quartiers en difficulté.

L’école marguerite Long est en effet un exemple parmi tant d’autres, une des victimes de la suppression annoncée de 16 000 postes dans l’Éducation nationale pour la rentrée prochaine. Cette mesure ne sera pas sans conséquences alors que les obstacles sont déjà importants pour cette école. En effet, ce n’est pas en supprimant des postes et en augmentant le nombre d’élèves par classe, que les enseignants seront en mesure d’apporter le soutien renforcé que nécessitent certains enfants. Cette logique qui donne la priorité aux chiffres sur la qualité du service public encourage également les demandes de dérogations et le recours à l’enseignement privé ce qui fragilise un peu plus les établissements déjà dépréciés. Le 11 février dernier, les maires de gauche parisiens ont dénoncé ce phénomène de ghettoïsation avec une lettre adressée au rectorat. Il ne doit pas y avoir deux sortes d’établissements scolaires, ceux réservés aux familles en capacité d’accéder à un enseignement de qualité et ceux qui n’accueilleront que des familles en difficulté.

En pénalisant les établissements qui sont déjà les moins attractifs, les inégalités se renforcent et nous entraînent vers un enseignement à deux vitesses. Nous devons tous être égaux face à notre accès à l’éducation. Pour atteindre cet objectif, la comptabilité ne doit plus déterminer les moyens mis au service de l’enseignement public.