05/27/2012

POLITIQUE DU LOGEMENT : LA DROITE S’ENFERRE

Alors que nous comptons dans notre pays plus de 3,6 millions de personnes mal logées et que près de 10 millions de français sont touchés par la crise du logement, il est important d’expliquer comment les gouvernements précédents, durant ces 10 dernières années, ont non seulement sous estimé l’ampleur du problème mais ont aggravé la situation.

La droite au pouvoir a fait de l’accession à la propriété son slogan et sa priorité. Or, la part de propriétaires en France est restée stable à 58 %, alors que l’objectif, réitéré par Nicolas Sarkozy avec son slogan « la France des propriétaires », était d’atteindre les 70 %.

Des milliards d’euros ont ainsi été dépensés dans des politiques inefficaces. Mesure phare de la fameuse loi TEPA de 2007, le crédit d’impôts sur les intérêts d’emprunt a coûté 11 Md€ avant d’être enfin supprimé en 2011. Le Prêt à Taux Zéro + n’a pas été plafonné et bénéficie aux français les plus aisés avec l’argent de l’Etat. Quant au dispositif Scellier, il a coûté 10Md€ et a largement contribué à pousser les loyers à la hausse.

En ciblant son électorat, le gouvernement Fillon n’a aidé que ceux qui avaient déjà les moyens de devenir propriétaires. Ces milliards ont été gâchés car ils ont servi à construire des patrimoines, mais pas des logements supplémentaires.

L’autre grande tendance a été le désengagement financier de l’Etat. Tout comme le rapport du Conseil d’Etat de 2009 qui dressait déjà une critique en règle de la politique du logement, la lecture du budget de l’Etat le prouve puisqu’il a atteint son plus bas niveau depuis 1970. La baisse des dépenses publiques consacrées au logement est continue depuis 2002. Le logement social a le plus souffert : d’un coté, des crédits de l’Etat en diminution (-44 % entre 2007 et 2012), de l’autre, 245M€ ponctionnés dans les caisses des offices HLM pour financer la rénovation des logements dégradés dans le cadre de l’ANRU. La solidarité pour la droite, c’est donc quand les pauvres paient pour les plus pauvres !

Aujourd’hui, les candidats UMP veulent faire croire que l’ancien gouvernement a investi dans la construction de logements. Je le dirais avec autant de force dans les quartiers de ma circonscription que devant les ministres dans l’hémicycle : c’est faux !

Pour l’UMP, le logement est un marché comme les autres, où l’Etat doit intervenir le moins possible. L’absence de ce thème dans le programme de Nicolas Sarkozy l’a prouvé : la majorité sortante n’a aucune idée permettant de sortir de la grave crise dans laquelle elle nous a laissé.

Une des propositions de François Hollande, l’encadrement des loyers, pour mettre un frein à un emballement incontrôlable comme à  Paris, continue à donner lieu à des critiques et des caricatures extraordinaires de la part des candidats de la droite parisienne. Ils oublient que Nicolas Sarkozy, 10 jours avant le 1er tour, a repris l’idée estimant qu’il n’avait pas mesuré l’ampleur de la crise. Il est vrai qu’il a raconté beaucoup de mensonges pendant la campagne présidentielle et que ses propres troupes ne suivaient plus. Surtout à Paris !

Avec François Hollande, nous ferons du logement une priorité de la nation. Malgré la situation désastreuse dans laquelle la droite a laissé nos finances publiques, nous remettrons de l’efficacité et de la justice dans les politiques publiques menées. Nous avons à la fois les idées et la volonté nécessaire pour que l’accès au logement devienne une réalité.