11/10/2015

Point presse à l’Assemblée nationale

L’actualité parlementaire est chargée cette semaine.

Loi Santé

La loi santé revient à l’Assemblée avec des amendements débattus en commission des Affaires Sociales dont le rétablissement du paquet de cigarettes neutre.

Le tabac est responsable de 79 000 décès par an en France et les coûts sociaux du tabac sont estimés à plus de 47 milliards d’euros, dont 18 milliards pour les seules dépenses liées aux soins. Personne ne croit plus que le tabac est inoffensif. En faire baisser la consommation, particulièrement celle des plus jeunes, est un impératif de santé publique.

Le paquet neutre, une mesure supprimée par le Sénat de droite, est une étape essentielle dans la lutte contre le tabagisme. Toutes les conséquences de cette mesure ont été évaluées et tous les acteurs ont été consultés : associations anti-tabac, médecins, laboratoires pharmaceutiques mais aussi buralistes et les tentatives désespérées des lobbys pro-cigarettes pour changer le cours du débat ne feront que nous conforter dans notre conviction : si la bataille qu’ils mènent est si âpre, c’est qu’ils craignent l’efficacité de la mesure sur la consommation de tabac.

Concernant l’amendement adopté hier à propos de publicité sur l’alcool. Je veux rappeler que les parlementaires socialistes sont attachés à la loi Evin qui est un pilier de notre politique de santé publique contre l’abus d’alcool et de cigarette. Il faut savoir raison garder.

Cet amendement ne remet pas en cause l’équilibre de la loi Evin.

Les supports qui s’imposent à tous, notamment aux mineurs, comme la télévision ou le cinéma seront toujours interdits aux annonceurs.

L’amendement voté se limite à clarifier une situation. Il autorise la publication d’articles de presse sur la qualité d’un vin et met fin à une situation qui pouvait mettre devant les tribunaux des auteurs d’articles oenologiques. Je crois que sur ce sujet il faut que chacun mette de l’eau dans son vin.

 Amendement Ayrault sur le rapprochement de la CSG et de l’impôt sur le revenu

A propos de l’amendement Jean-Marc Ayrault et Pierre-Alain Muet, nous défendons les mêmes objectifs : la réduction des impôts , la correction des injustices de notre fiscalité et sa modernisation à travers la mise en place de la retenue de l’impôt à la source.

Concernant les modalités, le travail continue avec la volonté d’aboutir, mais nous rencontrons plusieurs problèmes :

– un problème juridique : la modulation du taux de CSG a toujours été invalidée par le Conseil Constitutionnel;

– un problème de cohérence puisque nous venons de réformer le RSA pour créer la prime d’activité et ce nouveau dispositif mérite au moins d’être évalué;

– un problème de financement puisque les auteurs de cet amendement reconnaissent eux-mêmes que leur solution serait plus coûteuse.

Expérimentation sur la carte scolaire

Je veux saluer le courage de la ministre Najat Vallaud Belkacem de s’attaquer au sujet de la mixité sociale à l’école. C’est un sujet difficile. La question de la mixité n’est pas forcément populaire dans certains milieux qui préfèrent cultiver l’entre-soi.

Notre système éducatif ne peut plus admettre la ségrégation qui existe entre les établissements scolaires. Le fossé est de plus en plus profond entre les établissements des quartiers favorisés où se retrouvent les meilleurs élèves et les quartiers défavorisés qui cumulent les handicaps et deviennent parfois des ghettos scolaires. La réforme de Nicolas Sarkozy n’a fait qu’aggraver la situation en assouplissant la carte scolaire. Elle a légitimé les stratégies d’évitement de certaines familles.

Les expérimentations qui vont avoir lieu dans 10 départements sont le symbole d’une politique qui imagine des solutions nouvelles pour rétablir la mixité sociale là où elle n’existe plus : en liant la question des transports à celle de la carte scolaire  et en renforçant le rôle de l’administration dans le placement des élèves.

Nous soutenons également l’idée que cette avancée ne pourra se faire que par l’incitation et pas par l’obligation. Notre politique c’est de chercher des solutions car nous ne nous résignons pas à une école à deux vitesses. La mixité sociale n’est pas l’ennemie de la réussite. C’est au contraire le levier de l’ascenseur social et l’une des conditions de notre unité nationale.

Parachutes dorés

Je souhaite souligner ici le double discours de la droite qui dénonce les excès patronaux mais qui les blanchit à chaque fois.

C’est ce qu’elle vient de faire au Sénat en revenant sur le renforcement de la législation sur les parachutes dorés.

Si nous jouons au Monopoly avec les entreprises, comme le dit la droite… avec elle c’est toujours la bonne paye pour les patrons !

Droite/ FN : la course aux plus extrémistes

Le dépôt des listes régionales est clôt. La foire d’empoigne à laquelle se sont livrés la droite et le FN pour débaucher leurs candidats confirme la porosité toujours plus grande de leurs idées.

Les listes FN sont à l’image du parti : des mille-feuilles de préférence extrémiste. Avec au sommet, une couche de népotisme : trois têtes de listes pour la famille Le Pen (tante, mari et nièce), une place éligible et une tête de liste pour  les Philippot père et fils.  Au milieu, une couche d’identitaires, frange la plus radicale de l’extrême-droite qui truste les places éligibles malgré de nombreux dérapages xénophobes. Et en dessous, une couche de parvenus, déçus de l’ex-UMP…

A droite aussi, on drague largement dans les milieux intégristes. Les militants les plus actifs de la manif pour tous essaiment un peu partout les listes de Wauquiez (Rhône-Alpes/ Auvergne), Pécresse (Ile-de-France) ou Le Fur (Bretagne).

En PACA, les listes Estrosi incorporent des anciens du FN.

Autre trait commun aux deux partis, une sélection de cumulards et des carriéristes. Au FN, toutes les têtes de liste cumulent les mandats locaux, nationaux ou européens. Même chose à droite où 11 des 13 têtes de listes sont également parlementaires.