06/14/2010

PÉAGE URBAIN : LE NOUVEL OCTROI

À quelques jours des ultimes discussions sur le Grenelle II, le secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau a rappelé qu’il était favorable à la mise en place de péages urbains dans les grandes villes françaises. Au lieu d’encourager ce type de politique injuste à l’efficacité douteuse, je lui conseille plutôt de se concentrer sur une mesure déjà votée, mais pour laquelle le gouvernement freine des quatre fers depuis un an : la taxe poids lourds.

Le péage urbain dresse une barrière de plus entre les centres-villes et leurs banlieues, alors que nous devons travailler à leur plus grande intégration. En taxant indifféremment tous les usagers de la voiture, quels que soient leurs revenus, on ferme l’entrée de la ville pour les plus pauvres et les plus captifs de l’automobile. On leur rend également plus difficile l’accès aux services publics, aux hôpitaux, aux universités, à la culture… 

À l’inverse, la taxe poids lourds a pour principe d’évoluer en fonction de la quantité de gaz rejetée. On fait donc payer davantage les véhicules les plus polluants, tout en encourageant les plus vertueux. Ce principe est plus efficace en terme environnemental, tout en étant plus juste socialement.

Bien qu’elle ait été votée dans la loi Grenelle I, cette écotaxe ne sera pas  mise en oeuvre en 2011. Le gouvernement a en effet repoussé la date de son instauration, du début à la fin de l’année 2012, soit après les prochaines élections présidentielles… Les problèmes techniques invoqués comme excuse paraissent peu crédibles quand on voit que le même système fonctionne parfaitement en Allemagne où il sera bientôt étendu.

Au lieu de pousser les villes à mettre en place une nouvelle forme d’octroi, le secrétaire d’Etat ferait mieux d’appliquer la loi qu’il a lui-même fait voter.