06/28/2013

ELECTION DU MAIRE DE PARIS : LA DROITE VEUT-ELLE APPLIQUER LES MEMES REGLES QUE POUR SA PRIMAIRE ?

Ci-dessous, mon intervention en Commission des lois à l’Assemblée lors du débat sur l’élection du Maire de Paris.

La tribune de la droite parisienne publiée par le Huffington Post est une mauvaise réécriture de l’histoire qui ne manque ni de culot, ni de mauvaise foi. L’idée que le Maire de Paris, l’actuel comme les prédécesseurs, serait élu par effraction est ridicule.

Il est très clair pour chaque électeur qu’en votant pour un maire d’arrondissement socialiste, il vote également pour un maire de Paris socialiste, Bertrand Delanoë hier, Anne Hidalgo demain. Comme dans toutes les autres villes de France, le suffrage universel existe à Paris et ses élus y sont légitimes. >>

Ce qui pose problème, c’est la répartition du nombre de Conseiller de Paris dans chaque arrondissement. Celle-ci n’a pas changé depuis 1982 alors que la population a beaucoup augmenté et de manière différente selon les arrondissements. En 30 ans, le XVIe a ainsi perdu 8.000 habitants pendant que le XVIIIe en gagnait plus de 15.000, l’équivalent de la population du Ier arrondissement.

Le gouvernement a donc proposé une réforme, mais en gardant le cadre de la loi de 1982. C’est ce point précis que le Conseil Constitutionnel a censuré en estimant que la règle de 3 sièges minimum par arrondissement ne se justifiait plus. Nous devons donc aujourd’hui modifier plus largement la répartition en retirant un ou deux sièges dans les arrondissements les moins peuplés et ceux qui ont perdu des habitants. Parallèlement les arrondissements à la démographie plus dynamiques gagnent des représentants.

Cette répartition est transparente et basée selon la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne. Elle est plus démocratique en offrant une meilleure représentation des habitants au Conseil de Paris. Les accusations de tripatouillage sont donc totalement infondées et particulièrement mal venues de la part d’une droite parisienne qui a toujours été fâché avec les chiffres. Elle l’avait déjà montré lors du redécoupage des circonscriptions législatives de 2010 à cause duquel une voix des quartiers riches de l’ouest a désormais plus de poids qu’un suffrage des quartiers populaires de l’Est.

Mais si cette élection est aussi antidémocratique qu’elle le dit, pourquoi la droite ne l’a-t-elle pas modifiée quand elle était au gouvernement ? Pourquoi attendre d’être à un an de la prochaine élection pour demander un changement complet du système électoral ? Et pourquoi ne font-ils pas les mêmes critiques sur les deux autres villes disposant du même mode de scrutin, Lyon et Marseille ?

La réponse est simple : parce qu’il ne s’agit que d’une vaine polémique politicienne de plus, destinée à faire oublier les tricheries de l’UMP dans la désignation de Nathalie Kosciusko-Morizet comme candidate à Paris.