06/08/2010

OUVERTURE DOMINICALE : PARIS NE CEDE PAS AUX GRANDS MAGASINS

Le Conseil de Paris a refusé d’étendre l’ouverture dominicale des commerces dans la capitale malgré la pression d’un des grands magasins du boulevard Haussmann.

Cette décision veut préserver un équilibre. Elle tient compte des résultats du groupe de travail constitué d’élus de tous les groupes mis en place depuis septembre 2009 et de l’étude de l’APUR* (suite au vote de la loi Maillé permettant aux collectivités d’assouplir le régime des ouvertures de commerces). Les partenaires sociaux et économiques, ainsi que les associations ont été consultés. La conclusion montre qu’il n’existe ni besoin, ni nécessité, ni désir partagé d’ouvrir plus de commerces le dimanche (rappelons que les commerces installés dans les sept zones touristiques sont ouverts le dimanche ainsi que tous ceux dédiés à l’alimentaire). Seules les grandes enseignes sont les principales intéressées par cette loi. En effet, elles augmenteraient considérablement leurs bénéfices. En revanche, pour les commerces de proximité qui ne pourraient pas faire face financièrement cette journée supplémentaire représenterait une concurrence déloyale. Une situation déjà vécue par les commerces de bouche, fragilisés par les supérettes qui dérogent régulièrement au droit du travail en ouvrant au-delà de 13 heures.

Pour faire passer la pilule, la droite a comme d’habitude tenté de nous faire peur en brandissant la menace de la crise au-dessus de nos têtes. Ouvrir les commerces le dimanche sauverait Paris de la faillite. Tant pis pour les conditions de vie et les droits des salariés ; tant pis pour la vie sociale, culturelle, sportive et familiale dès lors que l’on produit et consomme toujours plus. C’est une curieuse conception de la vie de la cité et de la vie tout simplement. Et dire que l’on s’entend taxer « d’archaïsme » parce que l’on défend ces valeurs. C’est le monde à l’envers !

*Atelier parisien d’urbanisme