03/08/2012

NKM : héritière et amnésique

Nathalie Kosciusko-Morizet réécrit si bien sa propre histoire que lorsqu’elle annonce « Je ne suis ni héritière, ni rentière, ni la dauphine, ni la protégée de quiconque », tout le monde semble la croire. Or, c’est justement par héritage qu’elle est arrivée en politique.

En 2002, elle est devenue députée par un subtil jeu de chaises musicales. La 4ème circonscription de l’Essonne était alors un fief solidement ancré à droite, chasse gardée d’un baron de l’UMP locale, Pierre-André Wiltzer. Réélu sans discontinuer depuis 1986, il était également maire de Longjumeau.

Par ordre direct de Jacques Chirac dont le père de la jeune Nathalie était un vieil ami, maire et conseiller général de Sèvres, celle-ci est alors parachutée suppléante aux législatives afin de devenir députée sans prendre le risque de se présenter sur son nom propre. En échange, le député sortant se voit récompensé par un strapontin dans le gouvernement Raffarin. Alors totalement inconnue des électeurs, Nathalie Kosciusko-Morizet a réussi sa manœuvre et entre au Palais Bourbon.

En 2004, lorsque M. Wiltzer fut écarté du gouvernement, on lui offrit un poste d’ambassadeur en mission pour qu’il laisse à NKM son poste de députée. Au passage, elle récupère du même coup la mairie de Longjumeau, la ville qu’elle ne trouve plus à la hauteur de son standing aujourd’hui.

10 ans plus tard, elle veut faire oublier d’où elle vient mais ce n’est pourtant pas en allant au combat qu’elle est entrée en politique mais bien en héritant à 29 ans d’une circonscription en or massif.