02/13/2009

NICOLAS SARKOZY RESTE SOURD AUX CRIS DE L’OUTRE-MER

avec-sarkozy-tout-est-possible.jpgEntreprises et écoles fermées, coupure d’électricité, routes bloquées… Le collectif « Kont pwofitasyon » – LKP – ne baisse pas la pression sur les pouvoirs publics et les entreprises guadeloupéennes. Constitué d’une cinquantaine de syndicats et partis politiques, le collectif réclame la baisse immédiate des prix des produits de première nécessité, des carburants, des impôts et taxes, le gel des loyers ainsi qu’une augmentation des salaires et des minima sociaux.
Or, après 24 jours de grève générale, le gouvernement n’a toujours pas pris la mesure du conflit qui s’est depuis, étendu à la Martinique, maintenant à la Réunion et bientôt à la Guyane. Le LKP a appelé à la mobilisation générale avec des revendications axées sur « la « vie chère », très semblable à celles de Fort-de-France et Pointe-à-Pitre.
Une majorité de Guadeloupéens ne vivent qu’avec de petits revenus, or la cherté de la vie et la différence de prix entre la métropole et l’archipel, notamment pour l’eau et l’essence, sont telles qu’un « effet de serre » social est inévitable.
Les plans de relance avortés, ajoutés au manque de réactivité et à l’impréparation du gouvernement, constituent un terreau fertile à la contagion du mouvement.
Le risque d’explosion sociale est proche.
L’indifférence de Nicolas Sarkozy qui n’a pas prononcé un seul mot sur cette crise aux Antilles, alors qu’il se targue d’être sur « tous les fronts », est hautement symbolique. Il est vrai qu’il vient  d’annoncer ce matin la tenue d’un conseil interministeriel de l’Outre mer mais d’ici…quelques mois.

Imaginons un instant un conflit de cette ampleur dans un département de la métropole durant trois semaines sans un déplacement du « Président Omniprésent »… Curieux et pour le moins étrange.
S’atteler maintenant à débloquer une situation qui n’a que trop duré et prendre, enfin, l’engagement de réguler les abus de position dominante, les profits indus, les marges suspectes et les atteintes au droit du travail, me semble plus républicain que d’attendre le chaos.