10/28/2011

NICOLAS SARKOZY HABILLÉ POUR L’HIVER PAR FRANÇOIS HOLLANDE

Le candidat victorieux des primaires citoyennes est passé a l’offensive. Dans une interview au journal le Monde publié demain, François Hollande répond à l’interview du Président de la République diffusé hier soir simultanément sur TF1 et F2. En voici quelques extraits:

A propos de la posture du capitaine qui s’accroche a la barre dans la tempête?

« Ce n’est qu’un habillage commode pour justifier un quinquennat raté. Nicolas Sarkozy ne protège pas les Français. En cinq ans, il les aura rendus plus vulnérables et plus dépendants, du fait de l’endettement public et de la dégradation de notre compétitivité. C’est lui qui, en 2007, est allé voir nos partenaires européens pour les avertir qu’il ne respecterait pas les engagements pris par son prédécesseur en matière de réduction des déficits. C’est lui qui a fait 75 milliards de cadeaux fiscaux qui ont dégradé les comptes publics. C’est lui qui a laissé filer 500 milliards d’euros de dette publique sur son quinquennat. Nicolas Sarkozy a peut-être une expérience, mais il n’échappera pas à son bilan. »

A propos de la révision à 1 % du taux de croissance annoncée pour 2011?

« C’est encore trop optimiste compte tenu des plans d’austérité qui s’accumulent dans la zone euro. Or je ne vois nulle part la moindre politique de croissance : l’investissement public est en diminution, le soutien à l’investissement privé est insuffisant, et les retombées du grand emprunt sont cosmétiques. »

A propos des explications sur les « affaires »?

« Lesquels ? Clearstream vient de son propre camp. Dans l’affaire Bettencourt, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a écarté Eric Woerth de son gouvernement. Quant aux révélations concernant Karachi, elles sont aujourd’hui le fait de la justice. Si Nicolas Sarkozy est une victime, c’est de lui-même. »

A propos de la dénonciation les « candidats du système », François Hollande se sent il visé?

« Ce serait savoureux ! Si je suis le candidat d’un système, c’est celui de la démocratie, à travers les primaires. Pour ce qui concerne les relations avec les patrons du CAC 40, les propriétaires des grands médias et les milieux d’affaire, Nicolas Sarkozy dispose d’une avance que je ne lui contesterai jamais. C’est son monde. Pas le mien. »

A propos des attaques sur la retraite a 60 ans et les 35h?

« Pourquoi n’est-il pas remonté à 1936 avec les congés payés, ou même au début du XXe siècle avec la journée de huit heures et le repos dominical ! M. Sarkozy a la mémoire longue pour les autres, mais courte pour lui-même. De ses cadeaux fiscaux, de son aveuglement budgétaire, du creusement des inégalités, du laxisme en matière de hautes rémunérations, de l’impuissance face aux banques, de l’innocence face aux désordres commerciaux et de la dépendance à l’égard de la Chine, finalement, il n’est en rien responsable.

Nous aurons face à nous un candidat sans mémoire. L’amnésie lui servira de viatique. »