12/15/2008

MAIN MISE SUR FRANCE TÉLÉVISION

tv-sarkozy.jpgLe débat parlementaire concernant la réforme de l’Audiovisuel public a pris un tel retard que la loi ne pourra être bouclée avant la date d’application prévue, le 5 janvier prochain. Un souci de timing que le gouvernement avait d’abord pensé résoudre par un décret. Finalement, c’est Patrick de Carolis, sur ordre de l’Etat, qui est chargé de supprimer lui-même la pub…
Bien que la ministre de la Culture, Christine Albanel se défend de toute « espèce de dictature » dans la gestion de l’audiovisuel public, elle a clairement demandé au président de France Télévisions de décréter lui-même la suppression partielle de la publicité sur les chaînes publiques à partir du 5 janvier.
Ne soyons pas dupe, la perte sèche de recettes générales par le retrait des annonceurs publicitaires profitera en premier lieu à la télévision privée. La taxation sur les opérateurs de téléphonie et d’accès internet proposée en matière de compensation financière n’est absolument pas garantie sur le moyen terme.
Alors pourquoi vouloir légiférer au « pas de charge » en décrétant l’urgence sur un projet sensible qui porte atteinte à la liberté de la presse et coûtera, de surcroît, 450 millions d’euros au contribuable, sinon pour alimenter les caisses de M. Bouygues, M. Bolloré et de leurs amis du Fouquet’s ?
Il suffit de se reporter aux débats parlementaires sur la privatisation de TF1 en 1986 pour entendre les mêmes arguments du gouvernement de l’époque. C’est toujours pour sauvegarder le service public de l’audiovisuel qu’on donne plus au privé!