02/13/2013

MADAME KOSCIUSKO-MORIZET : QUELLE EST LA VERITE DE VOS OPINIONS ?

Communiqué de Bruno Le Roux, Président du Groupe socialiste, Annick Lepetit, porte-parole du Groupe, et Patrick Bloche, Président de la Commission des Affaires culturelles de l’Assemblée.

 

Pour Henri IV, Paris valait bien une messe. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, la capitale mériterait un devoir de vérité.

Le vote solennel sur le mariage pour tous s’est tenu hier après-midi. Nous tenons à saluer le courage de Franck Riester et de Benoît Apparu qui, en apportant leur soutien à ce texte, sauvent l’honneur d‘une droite qui s’est trop souvent obstinée à placer le débat au niveau du caniveau.

L’abstention de Nathalie Kosciusko-Morizet résume les ambiguïtés, les paresses et pour tout dire la schizophrénie de la droite française sur cette question. Affirmant devant la presse qu’elle ne s’oppose pas au fond du texte mais à la prétendue volonté du gouvernement de préparer une légalisation de la GPA, Nathalie Kosciusko-Morizet a bricolé son abstention. Elle ne peut pas s’en tirer à si bon compte en usant d’une ficelle si grossière…

Elle ment de manière éhontée lorsqu’elle affirme être favorable au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels.
La preuve ?

  • NKM a déposé 25 amendements (en pièces jointes) contre la loi Taubira
  • NKM a déposé un amendement de suppression d’article pour chacun des articles de la loi, y compris contre l’article instaurant le mariage (article 1) et contre ceux ouvrant le droit à l’adoption (articles 2&3)
  • NKM, enfin, a déposé un amendement proposant la création d’une alliance civile, sorte de sous-mariage pour les seuls couples homosexuels, avec des députés aussi farouchement opposés au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe que MM. Mariton, Gosselin, de Courson et Fasquelle.

 

Citons quelques extraits de ces amendements :

 

  • Si la loi est adoptée, le principe d’unité du mariage disparaît. Il existerait un mariage « hétérosexuel » qui continuerait de garantir à l’enfant une double filiation par le biais de la présomption de paternité et un mariage « homosexuel » où la filiation tiendrait du virtuel.
  • Bien que le mariage ne soit pas défini clairement dans le code civil comme l’union d’un homme et d’une femme, certains constitutionnalistes estiment que l’altérité sexuelle des époux, et donc des parents, figureraient parmi les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.
  • L’étymologie souligne d’ailleurs, la dimension spécifique et unique de cette institution. Le mot « mariage » provient, en effet, des termes latins matrimonium et maritare, dérivant respectivement de mater, la mère et de mas, maris, le mâle. Par essence, le mariage est donc la forme juridique par laquelle la femme se prépare à devenir mère par sa rencontre avec un homme. La différence de sexe et la procréation font partie de sa définition.

 

Alors, qui doit-on croire ?

NKM au milieu des militants UMP qui épouse les opinions les plus conservatrices et qui n’hésite pas à signer des amendements à la phraséologie douteuse ?
Ou bien NKM au milieu des citoyens qui cherche à incarner une droite débarrassée du sectarisme et évitant de succomber à un tea party à la française ?
Il faut maintenant que Madame Kosciusko-Morizet s’explique. Elle qui est toujours si prompte à donner des leçons, fait preuve sur cette question d’un cynisme sans limites.

De toute évidence, il serait bon que les opinions de Madame Kosciusko-Morizet ne varient pas au gré de ses migrations électorales plus ou moins assumées.