11/22/2011

LUTTE CONTRE LA PRÉCARITÉ PROFESSIONNELLE DES FEMMES

Si  les femmes ont aujourd’hui massivement investi le marché du travail, elles restent surreprésentées dans les emplois non qualifiés. Sur les cinq millions d’actifs travaillant à temps partiel dans notre pays, 82 % sont des femmes, dont l’écrasante majorité est aujourd’hui en situation de sous-emploi. Elle représentent également 70 % des 3,7 millions de travailleurs pauvres. La moitié d’entre elles est sous le seuil de pauvreté avec un revenu inférieur à 750 euros mensuels.

Les emplois dans la grande distribution ou les services à la personne se sont développés aussi vite que les conditions de travail se sont dégradées. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, avoir un employeur unique, travailler en un lieu unique, bénéficier d’horaires stables et d’un contrat de travail classique est devenu, pour un très grand nombre de femmes, un privilège.

Pour inverser cette tendance, nous avons deposé une proposition de loi avec mes collègues socialistes, visant à améliorer concrètement la vie quotidienne de ces salariées. Le label « Inclusion sociale » permettrait de récompenser les efforts des employeurs pour réduire la précarité, comme l’indemnisation du temps de déplacement entre deux lieux de travail ou faire coïncider les heures de ménage avec les heures de bureau.

Nous souhaitons garantir l’accès des salariés des services à la personne à la médecine du travail, à la formation professionnelle et à la validation des acquis de l’expérience.

Le temps partiel ne doit plus être utilisé pour apporter toujours plus de flexibilité dans la gestion du personnel au détriment des salariés. Pour lutter contre les abus, nous proposons que les efforts, ou l’absence d’efforts, mis en œuvre par les entreprises pour réduire la précarité soient désormais pris en compte dans les critères d’attribution des marchés publics.

Nous créerons aussi un « malus précarité » augmentant de 10 % les cotisations patronales des entreprises de plus de vingt salariés et employant plus d’un quart de leur personnel à temps partiel. La prime de fin de contrat touchée à la fin d’un CDD serait également doublée pour les employés à temps partiels, et les heures complémentaires seront augmentées de 25%. Enfin notre loi propose de limiter les dérogations au code du travail pour mettre fin aux amplitudes horaires excessives, à la discontinuité et à l’imprévisibilité du temps de travail des salariés à temps partiel.

Enfin, pour que la maternité ne soit plus un risque professionnel à l’embauche, nous avons proposé par amendement d’allonger le congé paternité, de mettre en place un congé parental d’éducation partagé, susceptible d’être pris en alternance par les deux parents et de créer un véritable service public de la petite enfance. Ceci permettrait de mieux impliquer les pères dans le partage des responsabilités familiales, ce qui soulagerait d’autant les mères.

Comme à chaque fois, dès que nous proposons d’améliorer la vie des salariés les plus précaires, le gouvernement nous en empêche. Il a rejeté toutes nos idées sans rien proposer de concret à la place. Une fois de plus c’est bien la preuve que, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, le changement ne passera que par une victoire socialiste en 2012.