02/09/2009

LOGEMENT : DEPUIS 2002, 6 LOIS EN 6 ANS !

Nous débattons à l’Assemblée nationale de la loi « Boutin » depuis mardi 27 janvier. Une loi qui vient s’ajouter ou modifier les cinq précédentes.
Chaque année, le gouvernement nous explique que son nouveau texte va régler les problèmes. Chaque année, la crise du logement s’aggrave et les chiffres le prouvent. Le nouveau rapport que la Fondation Abbé Pierre souligne une nouvelle fois : ce sont plus de 3,5 millions de personnes qui vivent aujourd’hui, en France, dans une problématique forte de mal logement. Et plus de 6,6 millions personnes sont en situation de réelle fragilité.
Si les mesures  prises ne parviennent pas à inverser la tendance de cette crise structurelle, c’est parce que toutes ces lois suivent la même logique. Elles n’ont  jamais répondu  à ce qui constitue le cœur de cette crise : le manque criant de logements adaptés aux classes moyennes et aux classes populaires.  Au lieu de cela, la droite a fait du slogan «la France des propriétaires » la base de son projet. Elle a usé, et abusé, des aides fiscales bénéficiant aux plus aisés, mais sans imposer de contre-partie sociales. Résultat : les logements programmés depuis 2003 sont inaccessibles pour les trois-quarts des français. On aboutit à cette situation choquante où les plus modestes sont mis à contribution pour aider les plus riches à se constituer un patrimoine immobilier.
Que propose Mme Boutin cette année pour régler la crise ? Rien de très nouveau. Son texte ne sert au final qu’a habiller le désengagement financier de l’Etat, déjà décidé lors du vote du budget. 850 millions d’euros par an vont ainsi être ponctionnés dans les caisses du 1% Logement, organisme qui aidait pourtant déjà à loger les salariés. La logique du bouc-émissaire est elle aussi une nouvelle fois mise en oeuvre. Les responsabilités sont ainsi rejetées sur les offices HLM et sur certains locataires, qui seraient logés indûment. Au final, ce texte va porter un grand coup à la mixité sociale. Le logement social ne servirait plus qu’aux plus pauvres. Tous les autres devront se débrouiller pour trouver de quoi se loger sur le marché privé, même si les prix des loyers y sont beaucoup trop élevés.
Soyons clair : aucune des mesures proposés dans cette loi n’est à la hauteur des enjeux. Tant que le gouvernement ne réorientera pas sa politique vers la construction de logements réellement abordables pour le plus grand nombre, la situation continuera à se dégrader. On peut déjà s’attendre à voir arriver, l’année prochaine, une septième loi sur le logement … Pari tenu !