02/17/2011

L’OCCASION MANQUÉE

Tout ça pour ça… Comme son texte le prévoit, la loi de bioéthique de 2004 aurait dû être révisée au bout de 5 ans après un large débat. L’Assemblée a donc monté une mission d’information qui a procédé à une centaine d’auditions de chercheurs, médecins, juristes, philosophes… Les Etats généraux de la bioéthique ont été organisés à travers toute la France et de nombreuses institutions, comme le Conseil d’Etat, ont formulé des avis très argumentés. Après tout ce travail et cette réflexion, la majorité réussi l’exploit d’adopter un texte qui, au final, n’apporte rien.

La déception est d’autant plus forte que, sur de nombreux sujets, de véritables avancées étaient aussi attendues qu’accessibles. Mais l’UMP a prouvé, une nouvelle fois, qu’il était avant tout le parti du conservatisme.

L’erreur la plus massive est probablement le refus d’autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Leur faculté à se transformer en n’importe quelle autre cellule du corps humain ouvre des perspectives immenses pour le traitement de nombreuses maladies. Mais le système actuel d’interdiction avec dérogations exceptionnelles va donc perdurer, alors qu’il est rejeté par l’ensemble des chercheurs et qu’il nous fais perdre un temps considérable en matière de recherche médicale.

Des avancées étaient aussi attendues concernant l’assistance médicale à la procréation, mais à part son ouverture aux couples pacsés, elle ne sont pas au rendez-vous. Nous avons proposé que toutes les femmes puissent bénéficier de ce progrès médical, qu’elles soient stériles ou non, célibataire, en couple avec un homme ou en couple avec une femme. Mais cette position était bien trop moderne pour la vieille droite qui s’agitait dans l’hémicycle.

Deux sujets auraient également mérité une évolution législative mais ne figuraient même pas dans le texte du gouvernement. D’une part, l’encadrement de la gestation pour autrui, déjà pratiquée dans de nombreux pays et qui permettrait à de nombreux couples d’accomplir leur projet parental. D’autre part, le droit de mourir dans la dignité pour laquelle les socialistes ont déjà déposé plusieurs propositions de loi, à chaque fois rejetées par la droite.

Mais le plus inquiétant est peut être que, malgré sa faiblesse, le résultat final aurait pu être encore pire. L’UMP a en effet décidé de s’adresser, avant tout, à son électorat le plus réactionnaire et  conservateur, allant puiser son inspiration toujours plus à droite au moment de défendre ses amendements, tel la remise en cause de l’avortement thérapeutique.

Espérons que les prochaines lectures au Sénat et à l’Assemblée permettront de faire un peu plus évoluer les mentalités sur les bancs de la droite.