11/08/2011

L’IMPROVISATION AU POUVOIR

Alors que le Parlement débat depuis plusieurs semaines d’un budget que chacun savait déjà obsolète, le Premier ministre a bricolé, dans la plus totale improvisation, un nouveau plan de rigueur de 7 milliards d’euros. Combien de fois avons nous entendu ses phrases sur la « faillite de l’Etat » et la nécessité de « faire des efforts » ?

A chaque fois, François Fillon nous promettait que c’était le prix à payer pour que la situation s’améliore. La fin de la crise était au bout du tunnel, parait-il.

A chaque fois, cela s’est traduit par une politique épargnant les plus riches et les grandes entreprises, pour faire porter tout le poids des « efforts » aux seules classes moyennes et populaires. Cette nouvelle fournée de mesures reste dans la même lignée.

A chaque fois, ce sont les Français les plus modestes qui sont mis à contribution. Aujourd’hui, c’est la hausse de la TVA, qui reste l’impôt le plus injuste puisqu’il touche tout le monde de la même manière, la baisse des prestations sociales qui diminuera encore davantage le pouvoir d’achat en les indexant sur la croissance et non plus sur la hausse des prix. C’est aussi l’accélération du passage à 62 ans de l’âge de la retraite, qui ajoute de l’injustice à une réforme qui n’en manquait pourtant pas.

Tout le reste n’est là que pour faire illusion. La suppression du dispositif Scellier par exemple, l’une des niches fiscales les plus coûteuses et qui ne concerne que les plus riches capables d’acheter plusieurs logements, n’aura lieu qu’en 2013, après les élections. Le gel des rémunérations des ministres et du Président de la République ne fera pas oublier que la première mesure qu’a prise Nicolas Sarkozy en 2007 fut d’augmenter son propre salaire de 172 %.

Il y a à peine deux ans, le gouvernement baissait a 5,5 % la TVA dans la restauration, ce qui a coûté 3 Md€ par an pour un résultat nul. Aujourd’hui il remonte ce taux. Où est la cohérence ? Cet été il a fait un cadeau de 2 Md€ aux français les plus riches en diminuant l’impôt sur la fortune. Aujourd’hui, il demande à tous les français de payer, sauf aux plus aisés. Où est la justice ?

Depuis 2007, ce sont 75 milliards de recettes fiscales que ce gouvernement a perdus, à travers des niches et des cadeaux offerts aux grandes entreprises et aux ménages les plus favorisés. Le minimum aurait été de revenir sur ces décisions qui ont creusées la dette, sans apporter le moindre point de croissances et ou le moindre emploi.

L’exemple de la Grèce aurait pourtant dû lui ouvrir les yeux. La cure d’austérité dramatique que Sarkozy, Merkel et les libéraux européens lui ont imposé a coûté 12 points de croissance au pays. La baisse des recettes qui en a résulté a effacé à elle seule les réductions de dépenses subies par la population. Le remède est en train de tuer le patient et c’est ce même remède que le gouvernement Fillon est en train d’administrer à notre pays.

Or la France et l’Europe ont avant tout besoin d’une politique orientée vers la croissance. Mais les gouvernements en place ne savent qu’organiser la récession à travers des plans d’austérité qui diminuent le pouvoir d’achat, tout en sacrifiant l’investissement et les services publics.

Il est temps qu’une nouvelle majorité de gauche mette en place une autre politique, plus tournée vers les français, l’emploi et la justice, que vers les marchés financiers.