12/01/2009

L’ILLUSION DU GRAND PARIS

Le projet de loi Grand Paris était en discussion à l’Assemblée nationale toute la semaine dernière. Avec les députés socialistes, je me suis opposée à ce texte qui, 4 mois avant les élections régionales, crée plus d’illusions que de solutions.

La plupart de nos amendements ayant été rejetés, le texte reste au final toujours aussi mauvais. Le gouvernement n’a pas répondu aux questions importantes que nous avons soulevées, comme par exemple l’origine des 21 milliards d’euros nécessaires à la construction du Grand Huit, ou l’utilité de ne relier que des pôles économiques entre eux, sans se demander où habiteront les personnes qui iront y travailler.

Nous n’avons pas été les seuls à critiquer ce texte. J’ai été marquée par les propos de nombreux députés de la majorité qui semblaient partager notre diagnostic, notamment sur l’absence d’interconnexion avec les réseaux de transport existant et le manque de concertation avec les élus locaux et nos concitoyens. Christian Blanc semble en effet considérer qu’il est superflu de considérer l’avenir de l’Ile de France avec les habitants. Le député UMP Etienne Pinte a même pointé la « malhonnêteté intellectuelle » du ministre concernant la question sensible du logement. Mais malheureusement, la liberté dont ils ont fait preuve s’est limitée à quelques phrases dans l’hémicycle. Mardi prochain, les députés UMP ravaleront leurs critiques et voteront comme un seul homme, même s’ils savent que ce texte est une erreur.

Sur la forme, le gouvernement a montré qu’il se croit tout permis et méprise ouvertement le Parlement. En plus de limiter notre temps de parole, il a imposé la procédure d’urgence au tout dernier moment. Celle-ci limite à une seule fois le passage d’un texte dans chaque chambre. L’excuse invoquée était que l’ordre du jour du Sénat était trop chargé, mais elle n’a pas tenu longtemps. Pour une fois, les présidents de l’Assemblée et du Sénat se sont insurgés, tout comme nous, contre cette procédure. Alors que nous avons demandé à plusieurs reprises au Ministre de s’expliquer, il n’a pas une seule fois daigné nous répondre.

Enfin, je dois signaler le comportement scandaleux des députés de droite parisiens. Alors que nous avons passé plus de 23 heures dans l’hémicycle à débattre de ce sujet particulièrement important pour l’avenir de l’Ile de France, ils ne sont venus que pour attaquer une fois encore le logement social et ont tenté de faire voter un amendement en ce sens. Le moment venu, Mme de Panafieu n’a même pas voulu prendre la parole pour le défendre. Heureusement, nous avons obtenu qu’un second vote ait lieu sur cet amendement et que le gouvernement lui retire son soutien. Mais une fois de plus, chacun peut voir à quel point réduire la place du logement social tourne à l’obsession pour la droite parisienne.