02/26/2012

L’EUROPE VA DANS LE MUR, CHANGEONS LES PILOTES

Aujourd’hui, la droite n’est pas majoritaire qu’en France, elle l’est aussi dans la plupart des pays européens. Les politiques d’austérités que les gouvernements conservateurs mènent et imposent aux pays les plus en difficultés se révèlent tout aussi catastrophique dans notre pays que chez nos voisins.

L’exemple de la Grèce est frappant. Les plans d’austérités se succèdent, imposés par l’Allemagne, la France, l’Union Européenne et le FMI, et la situation continue d’empirer. Cela fait 4 ans de suite que la croissance du pays est négative. Ce n’est pas en baissant le salaire minimum, en diminuant les retraites et les salaires des fonctionnaires, en multipliant aveuglément les taxes et les impôts et en humiliant un peuple tout entier que l’on permettra au pays de relever la tête.

C’est pour cela que François Hollande s’est engagé à renégocier le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 qui sanctuarise l’austérité à l’échelle du continent. Nous devons enfin privilégier la croissance et l’emploi au lieu de la rigueur stérile et la défense des profits des banques. Contrairement à ce que la droite ne cesse de répéter dans toute les langues, la politique imposée par Sarkozy et Merkel n’est pas la seule possible. Elle est au contraire l’une des raisons de la crise actuelle.

C’est dans ce contexte que le gouvernement vient de présenter à l’Assemblée nationale le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), c’est à dire un fond de réserve de 500 Md€ qui pourra aider les pays de l’Union en cas de difficultés financière. Cette étape nouvelle de la solidarité européenne, nous la demandions depuis longtemps. Si les libéraux avaient écouté les propositions socialistes, nous aurions eu les moyens de réagir plus vite et plus efficacement à chaque fois que la défiance et la crise se sont abattues sur de nouveaux pays comme l’Irlande, le Portugal ou encore la Grèce.

Mais une condition inacceptable sera demandée aux Etats pour bénéficier de cette solidarité : la mise en oeuvre d’encore plus d’austérité. C’est pourquoi nous nous sommes abstenus lors du vote de ce texte, pour dire oui à la solidarité mais non à l’austérité.

Si les français accordent leurs suffrages et leur confiance à François Hollande, il réorientera la politique européenne pour aller vers plus de justice, de croissance et d’emplois. Nous ferons de ce MES un outils de protection des peuples, pas de leur humiliation.

C’est une nouvelle stratégie globale pour l’Europe que nous proposons afin qu’elle puisse investir dans des projets d’avenir, mutualiser les dettes en créant des euro-bonds, viser la croissance en redéfinissant le rôle de la BCE. L’Europe sera aussi là pour mieux nous protéger grâce à des règles strictes de réciprocité en matière sociale et environnementale, une contribution climat-énergie aux frontières du continent et un rééquilibrage du dollar et du yuan chinois avec l’euro.

Nous avons déjà fait de nombreuses propositions communes avec nos amis des gauches européennes. Il y a quelques mois, avec les sociaux-démocrates allemands, nous avons déposé ensemble à l’Assemblée et au Bundestag la même proposition de loi créant une véritable taxe sur les transactions financières. Ensemble nous prouverons qu’une autre politique européenne est possible.