03/03/2011

LES TÊTES CHANGENT, LA POLITIQUE RESTE LA MÊME

Avec une dixième équipe gouvernementale depuis 2007, Nicolas Sarkozy s’approche des records. Pour les deux ministères régaliens que sont l’Intérieur et les Affaires étrangères, il s’agit déjà des 3ème ministres en 4 ans, symptôme supplémentaire de l’échec de ces politiques décidées directement depuis l’Elysée.

Le départ de Michèle Alliot Marie était devenu inévitable. Son voyage en Tunisie avec un proche du clan au pouvoir, puis ses mensonges à répétition pour tenter de se justifier, lui avaient fait perdre toute crédibilité. A travers elle, c’était la parole de la France à l’étranger qui était devenue inaudible. Si son action ministérielle laissera peu de traces, on se souviendra surtout qu’elle a osé proposer que les forces de polices françaises aillent maintenir l’ordre dans la rue tunisienne, pour soutenir le régime de Ben Ali, contre un peuple se battant pour sa liberté et la démocratie.

Il est par contre regrettable que Nicolas Sarkozy ait, encore une fois, attendu que son ministre soit totalement « carbonisé » pour s’en séparer. Il avait déjà procédé de la même façon avec Eric Woerth. Du coup, pendant leurs longues semaines d’agonie politique, ces membres du gouvernement donnent l’impression de ne déjà plus être là, de ne plus peser sur le cour des choses et donc décrédibilisent l’action de l’Etat.

Mais l’état déplorable de notre diplomatie n’est pas uniquement lié aux errements d’une ministre. C’est toute notre politique étrangère qui est défaillante et la faute en revient principalement à celui qui la dirige, le Président de la Republique. Depuis son élection il a fait preuve d’un amateurisme remarqué. Du Mexique à la Tunisie, de la fameuse visite en France de Kadhafi à la réintégration de l’OTAN, il n’a cessé de faire les mauvais choix, tout en voulant donner des leçons au monde entier. Comme le constataient des diplomates de haut niveau la semaine dernière dans le Monde, le seul résultat est l’affaiblissement profond du poids diplomatique de la France et de notre image à l’étranger.

Le départ de Brice Hortefeux s’inscrit dans la même logique. Rappelons tout de même qu’il a été condamné deux fois pendant qu’il était ministre, pour injure raciale et pour atteinte à la présomption d’innocence. C’est particulièrement grave pour un Ministre de l’Intérieur. Il aurait dû partir depuis longtemps, mais son statut d’ami du Chef de l’Etat a prévalu sur celui, moins glorieux, de récidiviste. Son bilan Place Beauvau restera comme particulièrement mauvais avec une augmentation de l’insécurité et des agressions aux personnes, une défiance de plus en plus grande de la population envers sa police et un mouvement de grève inédit des CRS.

Mais dans tous les cas, changer les personnes ne changera pas la politique menée.