06/13/2012

LES PASSERELLES ENTRE LA DROITE ET L’EXTRÊME SONT JETÉES

« Ni Front National, ni Front républicain » assènent les dirigeants de l’UMP pour ce second tour des élections législatives. Chaque candidat de l’ancien parti majoritaire peut ainsi faire ce qu’il veut et s’allier avec le parti de Marine Le Pen s’il en a besoin, à l’instar de l’ex ministre, Nadine Morano, qui le proclame dans une interview accordée à Minute. L’hebdomadaire de l’extrême droite est, depuis plusieurs mois maintenant, très fréquenté par l’UMP (cf Le double langage du gouvernement ).

« Ni Front National, ni Front républicain » heureusement que nous ne l’avons ni dit, ni fait en 2002, lorsqu’il a fallu élire Jacques Chirac ! 10 ans après, je ne regrette pas mon choix, même si la parisienne que je suis n’avait aucune envie de voter pour l’ancien maire de Paris.

Ce geste républicain, les dirigeants de l’UMP en sont aujourd’hui incapables. Au contraire, ils sont prêts à toutes les compromissions pour s’accrocher à quelques sièges de députés supplémentaires.

Mais il n’y a pas d’avenir pour la République et pour la France dans les thèses de l’extrême droite. En agissant ainsi, la droite ne va pas seulement perdre les élections, elle construit aussi les passerelles qui permettront demain à Marine Le Pen de s’imposer.

Depuis 5 ans, Nicolas Sarkozy a oeuvré à un rapprochement idéologique entre la droite et l’extrême droite. Il a légitimé le discours du FN et appliqué une partie de son programme avec la création du Ministère de l’Identité nationale, la multiplication des lois sur l’immigration, la chasse aux Roms et aux sans papiers. Le résultat s’avérant inefficace, il a basé son discours sur la peur et ciblé les mêmes boucs émissaires que la famille Le Pen : les français d’origine étrangère, les assistés, les fonctionnaires, les syndicats.

Ce que l’UMP refuse de comprendre, c’est que le vote frontiste s’est avant tout développé sur l’incapacité des gouvernements à améliorer la vie quotidienne des gens. C’est la montée du chômage, l’affaiblissement des services publics, le sentiment grandissant d’abandon et d’injustice, le manque d’espoir en un avenir meilleur, qui a servi de terreau au FN. Au lieu de prendre le mal à la racine en apportant des réponses aux problèmes qu’ils ont aggravé depuis 10 ans, les héritiers du sarkozisme servent les intérêts de Marine Le Pen en faisant du Front National le centre de gravité de la reconstruction de la droite.

Après avoir étouffé la croissance, détruit des emplois, ruiné le pays, cassé l’école, affaibli notre protection sociale, divisé les français, la droite sans idée et déboussolée par la guerre des chefs, est en train de perdre son âme.