12/15/2009

LES MENSONGES SUR LE GRAND PARIS

Alors que Nicolas Sarkozy s’apprête à faire un énième coup médiatique en recevant ce mardi les 10 équipes d’architectes qui ont travaillé sur le Grand Paris, il est temps de rappeler certaines vérités.

N’en déplaise à quelques ténors de l’UMP qui tentent maladroitement de noyer le poisson, à l’heure actuelle le Grand Paris ne se résume effectivement qu’à un projet de métro souterrain reliant entre eux des pôles d’activités. S’ils avaient lu le projet de loi que Christian Blanc a fait voté à l’Assemblée nationale il y a deux semaines, ils s’en seraient rendu compte. Ce texte n’apporte aucune proposition sur des sujets aussi importants que le logement, l’urbanisme, l’environnement, la culture etc…

Bon exemple d’agitation stérile, les encarts publicitaires, publiés dans la presse à la veille du débat à l’Assemblée. Le Préfet de Région y annonçait de grandes concertations publiques organisées dans chaque département pour écouter l’avis des franciliens. Pour Paris, cela s’est résumé à la mise en place hâtive et précipitée d’une conférence centrée uniquement sur le thème de la culture, un jeudi à 11h du matin ! Drôle de conception du débat public quand on fait tout pour empêcher le public d’y participer.
Comment croire le gouvernement quand il dit vouloir écouter, aujourd’hui, l’avis des franciliens, alors qu’il a été incapable d’entendre, hier, les équipes d’architectes qu’il avait lui même sollicité?

Cette agitation ne permet pas non plus de répondre aux vraies questions comme celle du financement de ce métro. Pourtant, le Premier ministre avait chargé le député Gille Carrez, rapporteur général du budget, de trouver des ressources pour financer les 35 milliards d’euros annoncés par Nicolas Sarkozy pour les transports franciliens. La lettre de mission était même très claire et indiquait que les premières mesures seraient intégrées dans le projet de loi de finance 2010 et dans le projet de loi sur le Grand Paris. Ces deux textes ont été votés par l’Assemblée nationale sans qu’une seule de leur ligne n’explique d’où viendraient les milliards nécessaires. L’utilisation du grand emprunt avait aussi été évoquée, mais on s’aperçoit au final que le Chef de l’Etat n’a pas retenu ce projet de métro parmi les investissements prioritaires. Et lorsque Christine Lagarde a été interrogée ce lundi sur cette question, elle a été totalement incapable de donner la moindre réponse. Le gouvernement vient de laisser passer trois occasions de mettre en place le financement de ce projet. Quand va-t-il enfin se décider à nous dire qui va payer, combien et quand ?