10/16/2010

LES MENSONGES DU GOUVERNEMENT SUR LES RETRAITES

Le discours sur les retraites répété en boucle par tous les responsables de la majorité présidentielle est à la fois simpliste et faux. Les socialistes seraient irresponsables et aveugles, tandis que le gouvernement serait courageux et ne dirait que la vérité. La réalité est tout autre. Aussi bien sur la forme que sur le fond, cette réforme est basée sur de nombreux mensonges.

Mensonges du Chef de l’État pour commencer. Nicolas Sarkozy avait assuré pendant la campagne présidentielle en 2007 puis après son élection en 2008, qu’il ne toucherait pas à la retraite à 60 ans.

Mensonges de François Fillon ensuite, puisqu’en échange de l’allongement de la durée de cotisation, la réforme de 2003 qui porte son nom était sensée sauver nos retraites. Aujourd’hui, en invoquant les mêmes raisons qu’à l’époque, il demande aux salariés de faire des sacrifices pour la seconde fois.

Mensonges sur le fond du texte également. Le gouvernement fait croire qu’il a pris en compte la pénibilité au travail. Ce qui implique pour les personnes exerçant un métier mettant en danger leur santé  une retraite à 60 ans. Mais Éric Woerth confond sciemment la notion de pénibilité, qui serait un progrès social et l’incapacité au travail, juste compensation d’un handicap. Ce qui n’est évidemment pas la même chose. C’était une revendication des organisations syndicales et des socialistes dés 2003. Les partenaires sociaux s’y sont attelés mais le Medef a claqué la porte.

Mensonges encore à propos des femmes. Les nouvelles mesures adoptées par le Sénat dont se vante tant le gouvernement ne concernent que les mères de 3 enfants et plus, nées entre 1951 et 1955. Ces femmes là pourront partir à la retraite sans décote à 65 ans, au lieu de 67 comme prévu dans le projet de loi. Mais les femmes ayant 1 ou 2 enfants ne sont pas concernées alors que l’impact sur le niveau de retraite est aussi significatif. De même, les femmes sans enfants subissent les écarts salariaux, les déroulements de carrière moindre, le temps partiel subi.

Face au rejet massif de cette réforme par les français, face aux millions de personnes présentes dans les défilés semaines après semaines, le gouvernement n’entend pas. Il pensait décourager les manifestants en accélérant les débats au Sénat, mais la mobilisation continue de s’intensifier dans la rue. Il faut dire qu’il fait tout pour. À entendre les déclarations des responsables de l’UMP, c’est à se demander si ce n’est pas ce qu’il cherche, notamment lorsqu’il infantilise une jeunesse qui se mobilise en s’inquiétant du chômage qu’il va affronter en sortant de l’école. L’emploi, et celui des jeunes en particulier, est sinistré et le gouvernement ne fait rien pour y remédier. C’est pourtant le principal remède pour financer le système de retraite, mais aussi réduire la dette de l’État et celle de la Sécurité Sociale. C’est en ne s’attaquant pas de front à ce fléau que le gouvernement prouve qu’il est, lui, complètement irresponsable.