11/22/2013

Les impôts : quitte à payer, parlons-en !

En ouvrant les consultations et le dialogue sur la question des impôts, le Premier ministre crée les conditions d’un débat plus digne et plus intéressant que le fameux « ras-le-bol » fiscal bien vite transformé en « ras-le-bol » de tout.
Cette locution infantile et radotante sature le paysage médiatique, mine les esprits, détourne toute discussion sensée. Personne n’y trouve son compte si je puis dire, même pas ceux qui l’ont lancé.

Devant ce spectacle, quelques uns, toujours les mêmes, se pourlèchent les babines et portent la diminution permanente de l’impôt comme l’étendard de leur indépendance vis-à-vis d’un État qu’ils sollicitent pourtant sans cesse. Il est temps d’éclairer les discours, de poser les enjeux, d’expliquer les objectifs. Il est sain de revenir aux bases mêmes de notre démocratie et de notre pacte social.

Si le consentement à l’impôt est l’un des fondements de notre République, notre fiscalité est devenue depuis longtemps, au fil des lois de finances successives, complexe et illisible. La droite a encore perdu la mémoire car elle est bien placée pour savoir qu’en multipliant les taxes nouvelles et les niches fiscales ces 10 dernières années, elle a grandement accentué cette difficulté. Elle a aussi creusé les inégalités en baissant les impôts des plus riches.

C’est la raison pour laquelle François Hollande a pris l’engagement dans la campagne présidentielle d’une grande réforme fiscale que le gouvernement est chargé de mettre en œuvre. Depuis la fin de l’année 2012, nous avons déjà commencé à rendre ce système plus juste : les revenus du capital sont aujourd’hui taxés comme ceux du travail, une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu a été créée pour les personnes les plus aisées, le bouclier fiscal a été supprimé, l’impôt sur la fortune (ISF) rétabli, la lutte contre la fraude fiscale a enfin des moyens efficaces.

Nous renforcerons la justice devant l’impôt par des propositions soumises au débat, comme la fusion entre la Contribution sociale généralisée (CSG) et l’impôt sur le revenu (IR). Elle permettra davantage de progressivité, rendant ainsi nécessaire une réflexion sur l’augmentation des tranches d’imposition et leur progression.
C’est un immense travail que le gouvernement et sa majorité ont entrepris, dont l’objectif est de donner les moyens à l’État d’intervenir pour des services publics de qualité : l’école, la santé, le logement, la police, la défense, les transports, ainsi que la solidarité envers chaque personne traversant une période de chômage ou de maladie.

Le mandat que nos concitoyens nous ont confié est bien celui de revenir à l’esprit même de la déclaration des Droits de l’Homme : l’impôt doit être également réparti entre tous les citoyens en fonction de leurs capacités à contribuer. C’est pour cela qu’il doit être clair, précis et juste.