05/02/2011

LES ENFANTS PERDENT LEUR DEFENSEUR

Après 11 ans d’existence et avant de disparaître la Défenseure des enfants, Mme Dominique Versini, vient de rendre son ultime rapport. Elle met en lumière les insuffisances et les dangers de la politique menée ces dernières années. Le discours sécuritaire du gouvernement s’est traduit par un net recul de la justice des mineurs. L’aggravation des peines a fait oublier que l’éducatif doit primer sur le répressif, comme le stipulent toutes les conventions internationales dont la France est signataire. Les enfants étrangers ont eux particulièrement souffert du durcissement des lois sur l’immigration. Le traitement qui leur est réservé, ainsi qu’à leurs parents, dans les centres de rétention ne fait pas honneur à notre pays.

Jusqu’à présent tous les appels à la raison de la Défenseure des enfants ont été ignorés. Pire, la décision est maintenant prise de la supprimer. Cette dernière n’est pourtant pas issue de la gauche! Il est vrai qu’elle dénonce l’inaction du gouvernement dont les conséquences sont graves sur les conditions de vie des mineurs. Quand le chômage et la précarité poussent 8 millions de personnes sous le seuil de la pauvreté, ce sont 2 millions d’enfants qui sont directement concernés. La crise du logement ne les épargne pas non plus puisqu’on en compte plus de 600.000 mal logés. Quant à la loi de 2007 sur la protection de l’enfance, elle a connu le même sort que la plupart des textes votés ces dernières années : beaucoup de communication avant, peu de résultats après.

En 2006, j’avais participé à la mission parlementaire sur les familles et les droits de l’enfant. Nous avions mis en avant l’importance du rôle du Défenseur et fait des propositions pour renforcer à la fois l’institution et les droits des enfants. Je tire donc le même bilan que la Défenseure : très peu d’avancées mais beaucoup de reculs et d’insuffisances dans la politique menée par la majorité présidentielle.

Supprimer cette autorité indépendante, crée en 2000 par le gouvernement Jospin, c’est nier qu’elle s’est occupée de 25.000 enfants et se moquer des avis éclairant donnés à chaque fois qu’une loi les concerne en particulier. Supprimer cette autorité indépendante c’est phagocyter un peu plus la démocratie.