09/16/2011

L’ENFANT ROUMAIN LE DERNIER COUP DE COM DE GUÉANT

L’arrêté anti-mendicité sur les Champs Elysées pris par le Ministre de l’Interieur résume à lui seul les méthodes sarkozystes : le coup de com politicien en réponse à une question sensible. Le résultat est totalement inefficace sur le fond mais l’arrière-goût xénophobe est juste suffisant pour aller braconner sur les terres du Front National.

Il suffit donc de montrer que l’étranger est dangereux, surtout quand il est pauvre, comme l’explique la famille Le Pen depuis 40 ans, et donner l’impression de régler LE problème bien mis en scène au préalable.

Cette fois-ci, les cibles trouvées sont les mineurs roumains qui mendient sur « la plus belle avenue du monde ». Ainsi, a grand renfort d’annonces martiales et de promenades sous les caméras, M. Guéant montre du doigt les responsables de l’augmentation de la délinquance a Paris. En plus, il a la solution toute trouvée : en interdisant la mendicité, il fera disparaître les enfants mendiants. Sauf que ce n’est pas si simple et que les coups de baguette magique, fussent-elles maniées par les prestidigitateurs du gouvernement, n’effacent rien. Surtout pas la misère. Les mendiants ne disparaîtront pas et seront déplacés de quelques  mètres, dans d’autres rues.

La source du problème est à chercher le plus souvent du côté des réseaux mafieux qui les font venir en France, les exploitent et les
violentent pour qu’ils fassent la manche ou volent. Ces enfants sont aussi des victimes.

Combattre efficacement ces réseaux nécessite des enquêtes longues, coûteuses, des coopérations inter pays et européennes, bref un travail approfondi qui ne correspond pas forcement aux critères de visibilité médiatique retenu par ce ministre. Tout comme la multiplication des lois votée par la droite dans le domaine pénal, en matière de sécurité ou sur le droit des étrangers qui sont inutiles puisque ni la police, ni la justice n’ont les moyens nécessaires à leur application.

Encore une fois, M. Guéant tente de faire illusion pour ne pas avoir à répondre de l’échec de la politique de sécurité menée depuis 10 ans.

En juillet dernier, le Conseil d’Etat a expliqué que, depuis trop longtemps, l’affichage était préféré à l’efficacité.

Cette nouvelle mise en scène démontre que le gouvernement n’a toujours pas l’intention de changer la méthode.