05/28/2009

LEFEBVRE NOIE LE POISSON

En grand spécialiste de l’agitation, Fédérique Lefebvre a encore une fois trouvé dans le programme du Medef une provocation pour faire parler de lui. Cette semaine, il s’agissait de forcer les malades et les femmes enceintes à travailler depuis chez eux. Devant l’indignation légitime que cette mauvaise idée a provoquée, il a reculé et retiré son amendement. Mais son véritable objectif  est atteint : attirer l’attention sur lui pour masquer la dangerosité de la proposition de loi UMP discutée pendant ce temps là dans l’hémicycle.
Car le texte proposé par le député UMP Poisson, cyniquement nommé « proposition de loi pour faciliter le maintien et la création d’emplois », est une étape de plus dans la régression sociale et le détricotage méthodique de tout ce qui peut protéger les salariés. Désormais les entreprises pourront ainsi se prêter des employés, comme on se prête un stylo. Les groupements d’employeurs seront étendus, mais toutes les protections des salariés seront supprimées, notamment le rattachement à une convention collective et les garanties en cas de dépôt de bilan d’une des entreprises du groupement.
En faisant croire qu’un contrat de travail est un contrat comme un autre, comme s’il n’existait pas de lien de subordination entre un employé et son patron, la droite cherche à effacer progressivement toutes les avancées sociales que les travailleurs ont obtenues depuis un siècle. Avec un texte qui augmente la flexibilité en diminuant les protections, qui donne plus de libertés aux entreprises mais en précarisant toujours plus leurs salariés, la droite française rappelle à ceux qui faisaient mine de l’oublier qu’elle est toute aussi libérale que les autres droites européennes.