02/29/2012

L’ÉCHELLE DES VALEURS

L’annonce de candidature du président sortant à l’élection présidentielle n’était pas une surprise bien qu’il ait feint le doute, pendant quelques jours, à se représenter. Nous savons aussi que Nicolas Sarkozy tente tout pour échapper à son bilan et qu’il n’hésite pas à renier ou à trahir la politique qu’il mène depuis 5 ans comme président de la République et depuis 10 ans comme numéro 2 des gouvernements de Rafarin puis de Villepin.

Le temps est venu de comparer les bilans et les propositions, de connaître les idées et les programmes, de mesurer les compétences et les dispositions à gouverner notre pays.

Aujourd’hui, François Hollande est le seul à s’être engagé clairement vis à vis des Français. Il l’a fait par écrit, dans un document sobre distribué à des millions d’exemplaires par de nombreux militants concernés et mobilisés. Il nous présente ses 60 engagements, met en avant ses priorités et nous parle de la France, celle d’aujourd’hui et de demain.

Il nous dit que présider la République c’est préserver l’Etat, sa neutralité, son intégrité, face aux puissances de l’argent, face aux clientèles, face au communautarisme. Présider la Republique, c’est refuser que tout procède d’un seul homme, d’un seul raisonnement, d’un seul camp. C’est garantir l’indépendance de la justice, c’est faire participer les citoyens aux grands débats qui les concernent comme l’avenir de l’énergie. Présider la Republique c’est rassembler, c’est réconcilier, c’est unir sans jamais rien perdre de la direction à suivre. C’est écarter la stigmatisation, la division, la suspicion, les oppositions entre Français, ceux qui seraient là depuis toujours et ceux qui seraient là depuis moins longtemps. Présider la République c’est élever et ne jamais abaisser. C’est redonner espoir aux nouvelles générations en mettant l’éducation et la jeunesse au cœur de l’action publique, en combattant le chômage qui frappe particulièrement les jeunes et les seniors.

Puisque nous n’avons toujours pas le programme du président-candidat Nicolas Sarkozy, inspirons nous de son interview au Figaro Magasine du 11 février dernier où il explique se reconnaître dans le triptyque « travail, responsabilité, autorité », laissant entendre que d’autres préfèreraient l’assistanat, le désordre ou la soumission.Le travail est l’alpha et l’oméga de Nicolas Sarkozy : il « faut renforcer la considération qu’on lui porte », c’est à dire « le travail est une valeur en soi, nécessaire à l’accomplissement de l’individu comme à la cohésion de la société. Tout ce qui peut alléger le coût du travail, récompenser l’effort, le mérite, faire la différence avec l’assistanat doit donc continuer à être mise en œuvre de façon systématique ».

Tout le monde « au boulot et dans la bonne humeur » a remplacé le « travailler plus pour gagner plus » de 2007. Concernant le chômage, son problème n’est pas le manque d’emplois mais les chômeurs: « A l’issue de cette formation, qui sera obligatoire, le chômeur sera tenu d’accepter la première offre d’emploi correspondant au métier pour lequel il aura été nouvellement formé ». Ce n’est pas une nouveauté, puisque depuis 2008 les personnes au chômage s’engagent à ne pas refuser plus de deux offres d’emploi. Dorénavant si Nicolas Sarkozy est réélu, ce sera une seule ! Rappelons qu’en 2007, le candidat UMP avait promis de ramener le chômage à 5 %. En 2012, à l’issue de son quinquennat, le chômage frôle les 10 % tandis que le Président sortant divise et stigmatise.

Pour François Hollande, l’objectif est de favoriser la production et l’emploi avec la création d’une banque publique d’investissement, la priorité au PME, la pénalité aux délocalisations.

La responsabilité, selon Nicolas Sarkozy, c’est « un complément indispensable de la liberté ». Il prend comme exemple ce qu’ont fait « certains financiers…gagner toujours plus, toujours plus vite et sans limites » et explique les dangers d’une société sans règles. Certes,  alors pourquoi n’a t-il rien fait contre ceux là ? Au contraire, en privilégiant dès l’été 2007 le bouclier fiscal et l’allègement des droits de successions pour les plus riches, Nicolas Sarkozy a montré que gagner de l’argent sans travailler était récompensé par l’Etat. D’autre part, il reste silencieux sur les patrons du CAC 40 qui se sont accordés 34 % d’augmentation en 2010 pour atteindre des revenus de 2 millions € par an.

Pour François Hollande la responsabilité c’est agir avec justice et détermination. Il s’engage à séparer les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi de leurs opérations spéculatives et met au coeur de son programme une grande réforme fiscale.

Le dernier triptyque est l’autorité qu’il se contente de définir ainsi : « aucun système ne peut fonctionner sans respect des institutions, des règles, de la famille, des parents, de la personne humaine… ». Là encore, les résultats de sa politique montrent le contraire, le respect des institutions et des individus ne s’est traduit ni en paroles, ni en actes. Nous sommes très loin de l’Etat irréprochable pourtant promis en 2007.
Concernant la protection des familles, Nicolas Sarkozy ne se gêne pas pour proférer des mensonges: « Je n’accepterai pas qu’on touche à la politique familiale. Le cœur de la politique familiale, c’est le quotient familial. C’est une injustice de vouloir accabler les familles des classes moyennes en supprimant le quotient familial » Il oubli qu’actuellement le dispositif permet une « décharge d’impôt » d’autant plus importante que la famille qui en bénéficie est riche : un couple avec 3 enfants économise 600 €/an lorsqu’il gagne 2 smic, mais plus de 9 000 €/an s’il gagne 10 smic !
Nicolas Sarkozy refuse d’augmenter les impôts des familles aisées en modifiant le quotient familial, mais il n’a pas hésité à augmenter les impôts des familles modestes et des classes moyennes en relevant la CSG, en augmentant le taux réduit de la TVA, en taxant les mutuelles. Et voilà qu’il veut réduire un peu plus encore leur pouvoir d’achat en faisant passer le taux généralisé de TVA à 21,2 %.

François Hollande ne modifiera pas l’avantage fiscal de 600 €/an du couple vivant avec 3 Smic et propose que l’avantage de la famille vivant avec 10 Smic soit réduit de 1 000€/an soit moins de 1 % de son revenu disponible annuel. Cette modification du plafond du quotient familial permettra de dégager 400 millions d’euros pour revaloriser l’Allocation de rentrée scolaire de 25 %.

Face à un pouvoir inefficace, injuste et partisan, notre devoir est de le changer pour qu’il devienne juste, efficace et impartial.