06/05/2010

LE DEFENSEUR DES DROITS : UN RECUL DES DROITS ET DES LIBERTÉS

En une seule loi, Nicolas Sarkozy vient de se débarrasser de deux autorités indépendantes qui le gênaient. Ainsi, le Défenseur des enfants et la Commission nationale de la déontologie et de la sécurité (CNDS), d’un trait de plume, disparaissent.

Alors que son rôle et son action ont toujours été salués, en France et à l’étranger, le Défenseur des enfants dérange visiblement trop le gouvernement ces dernières années. Pourquoi ? Parce qu’il défend les droits des enfants mis en prison par une justice des mineurs de plus en plus restrictive ? Parce qu’il défend les droits des enfants étrangers enfermés dans les centres de rétention ? Parce qu’il rappelle que les enfants ont aussi des droits à chaque fois que le pouvoir cherche à en faire des bouc-émissaires ?

Quant a la CNDS dont la mission est de veiller au respect de la déontologie par la police, la gendarmerie et les services de sécurité privés, elle dénonce le nombre de plus en plus élevé de bavures et met donc à mal la politique sécuritaire du Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux.

Ces deux institutions avaient été créées en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin. Dorénavant, c’est un « Défenseur des droits » qui sera chargé de nos libertés, sans aucune garantie de son impartialité, sans moyens humains et financiers, avec des limites très restrictives dans son pouvoir d’enquête.
Il s’agit d’une mise au pas scandaleuse de la République. Il aura d’ailleurs même fallu la convocation des sénateurs UMP au château et un sermon du maître pour qu’ils acceptent enfin de voter la suppression du défenseur des enfants, ce qu’ils avaient d’abord refusé.

Il n’y a plus à douter maintenant que le chef de l’État, soutenu par une majorité béate, ne supporte plus les contre-pouvoirs. Ils n’ont de cesse de les limiter, de les encadrer ou de les supprimer. Tout ce qui est indépendant, tout ce qui peut défendre les droits et donc limiter les pouvoirs de l’exécutif, tout ce qui ne prête pas allégeance au Président, doit disparaître.