03/13/2011

LE LOGEMENT SELON LA DROITE

La fascination de la droite pour les « chambres de bonne » est assez étrange. Non pas qu’ils aient envie d’y vivre, mais ce n’est pas la première fois qu’elle utilise cet exemple pour faire croire qu’elle s’intéresse au logement des plus modestes.

Il y a déjà quelques années lors du débat sur la loi de cohésion sociale en 2005, Françoise de Panafieu avait présenté à l’Assemblée nationale un amendement modifiant la définition d’un « logement décent ». Alors que la gauche par la loi SRU avait fixé à 9 m² la taille minimum d’un logement en location, l’amendement de la députée maire du 17ème permettait de descendre sous cette limite. Nous n’avions déjà pas la même conception de la décence en matière de logement.

Aujourd’hui, c’est Benoît Apparu le secrétaire d’Etat au logement qui souhaite légiférer de nouveau sur le sujet en annonçant une taxe contre les propriétaires louant des surfaces de moins de 13 m² à plus de 40 €/m². Vu de loin, on pourrait croire qu’il se soucie enfin de l’explosion des loyers et qu’il cherche à limiter leur impact sur le pouvoir d’achat des plus modestes. Mais il n’en est rien.

Encore une fois, le gouvernement recherche plus l’illusion du mouvement qu’une véritable amélioration de la situation. D’une part, les petites surfaces de ce type représentent moins de 1 % des locations à Paris. D’autre part, et c’est le plus grave, cette mesure signifie que, pour la droite, 40 €/m² est un prix acceptable. Alors que le prix moyen dans la capitale est déjà de 22 €/m², il est indécent d’expliquer qu’il pourra encore être multiplié par 2 sans que l’Etat ne réagisse.

Ce que propose le gouvernement ne concerne donc que quelques dizaines de propriétaires qui n’ont pas de scrupules à louer à des tarifs prohibitifs et qui, étant donné la pénurie de logements, parviennent tout de même à trouver des locataires. Mais cela ne répond en rien aux attentes des milliers de familles qui ne trouve pas à se loger à des prix abordables.

Il existe des solutions plus efficaces comme par exemple l’encadrement des loyers à la relocation. Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, a demandé au Premier Ministre la possibilité d’expérimenter cette proposition et les parlementaires socialistes ont déposé des amendements en ce sens à l’Assemblée nationale et au Sénat. Mais la majorité estime que « bloquer » les loyers c’est « bloquer » le marché. Résultat : les loyers ont progressé de 50 % ces 10 dernières années.

Laisser faire le marché de l’immobilier sans en plus construire massivement des logements accessibles à tous les revenus, c’est accepter une spéculation sans limite et fermer les yeux sur la situation désespérante du mal logement.