05/06/2010

LE LOGEMENT EN FRANCE : ÉTAT D’URGENCE, ETAT ABSENT

Je voudrais m’associer au cri d’alarme qu’associations et entreprises viennent d’adresser au Gouvernement. Le bilan dressé lors des Etats généraux du logement tenu mardi 4 mai a mis en avant un déficit de 900 000 logements. Une situation critique qui ne va pas s’améliorer avec l’arrivée chaque année de 350 000 nouveaux ménages. Il faut donc encore et encore rappeler qu’il est urgent d’agir. Les 15 propositions des Etats généraux du Logement reprennent pour la majorité d’entre elles ce que nous défendons depuis longtemps sur les bancs de l’Assemblée nationale.

Cette crise du logement impacte les populations les plus fragiles, mais aussi les classes moyennes. La charge financière est devenue trop lourde pour les ménages. Elle est passée de 18 % en 1984, à 23 % aujourd’hui. Il en résulte une ségrégation sociale et territoriale. Or, le droit de vivre en ville est indissociable du droit au logement, car il est nécessaire à l’insertion, à l’intégration et à l’égalité des chances. Dans certaines villes, la pression est telle que pour beaucoup de personnes, il est impossible de se loger dans le parc privé, les garanties demandées aux locataires étant inatteignables (avoir des revenus de 3 fois le loyer, des garants propriétaires…). Ces exemples sont fréquents à Paris où la tension sur le marché du logement est extrême malgré la politique très volontariste mise en place par Bertrand Delanoë, avec notamment les prêts à taux zéro et l’augmentation considérable du logement social. Pour mener une vraie politique de logement capable de répondre aux besoins réels des ménages, l’Etat doit prendre ses responsabilités aux côtés des collectivités. Un vœu pieux quand on voit la réaction consternante de Benoist Apparu lors de son intervention aux Etats Généraux. Le secrétaire d’Etat au logement a estimé que « dépenser plus n’est pas un critère de réussite des politiques publiques ». Un déficit de 900 000 logements non plus !