11/12/2012

LE GOUVERNEMENT FRANCHIT UN PAS DANS LA REHABILITATION DES FUSILLES DE LA GRANDE GUERRE

Comme chaque année, c’est avec émotion que je participai à la cérémonie rendant hommage aux morts de la première guerre mondiale et à tous les morts pour la France.

Dans toutes les communes, comme au pied de l’Arc de Triomphe, la France a rendu hommage aux soldats tombés durant la Grande Guerre, et à tous ceux qui sont morts dans le cadre de conflits où notre pays était engagé.

A l’occasion de ces commémorations, le ministre des Anciens combattants Kader Arif a annoncé qu’il avait décidé d’attribuer la mention « Mort pour la France » au sous-lieutenant Jean-Julien-Marie Chapelant, originaire d’Ampuis, dans le Rhône, fusillé pour désertion en octobre 1914.  Cette décision du gouvernement constitue un nouveau pas vers la réhabilitation de certains des 800 fusillés de la Grande Guerre.
Parmi ces 800 suppliciés, plus de 650 soldats ont été exécutés pour désertion, mutinerie, refus d’obéissance ou crimes de droit commun, selon le général André Bach, ex-chef du Service historique de l’armée de terre de Vincennes. Selon lui, 66% des exécutions ont eu lieu dans les 17 premiers mois de la guerre, dont le sous-lieutenant Chapelant.La question de la réhabilitation des fusillés est encore, aujourd’hui, l’objet de nombreux débats. Des associations, comme la Ligue des droits de l’homme, demandent une loi de réhabilitation collective. Au sommet de l’Etat, des avancées sont progressivement effectuées. Ainsi, Lionel Jospin, alors Premier Ministre, avait estimé, le 5 novembre 1998 à Craonne, dans l’Aisne, haut lieu des mutineries du Chemin des dames en avril 1917, que les mutins devaient « réintégrer pleinement, notre mémoire collective nationale ». Sa déclaration avait alors été jugée «inopportune» par le président de la République, Jacques Chirac.
Le 11 novembre 2008, Nicolas Sarkozy déclarait à Douaumont que « beaucoup » des soldats français « exécutés » « ne s’étaient pas déshonorés », tout en évitant de prendre position sur la réhabilitation juridique des mutins.

Le geste effectué par le gouvernement est une étape importante dans le processus de réhabilitation de ces soldats «morts pour la France». Car si une cinquantaine d’entre eux ont été réhabilités depuis la fin du premier conflit mondial par la Cour suprême de justice militaire, plusieurs centaines hantent toujours la mémoire de la Grande Guerre.