01/28/2011

LE DROIT DE MOURIR DANS LA DIGNITÉ EST REFUSÉ

Le 18 janvier, des sénateurs de gauche comme de droite envoyait un signal commun pour avancer sur les droits de la personne. La Commission des Affaires sociales adoptait une proposition de loi autorisant l’aide active à mourir.

Malheureusement, le conservatisme a rapidement repris le dessus. Une tribune du Premier Ministre dans le Monde, un rappel à l’ordre de Christine Boutin, quelques manifestants intégristes devant leurs grilles et les sénateurs UMP se sont empressés de revenir, en séance publique, sur ce qui leur apparaissait sans doute comme une audace bien trop grande.

Je regrette que le Sénat ne soit pas allé au bout de sa démarche. Contrairement, à M. Fillon, je pense que le débat est suffisamment mûr dans l’opinion. On ne compte plus les sondages montrant, depuis plusieurs années déjà, qu’une imposante majorité des français est favorable à une loi sur l’accompagnement en fin de vie.

Améliorer l’accès aux soin palliatifs est bien sûr une nécessité, mais cela ne répond pas à l’ensemble des souffrances qu’un être humain, quel qu’il soit, peut être amené à connaître. C’est pourquoi offrir cette ultime liberté aux personnes en fin de vie serait leur accorder le droit nouveau qu’elles réclament. Cela mettrait également fin à l’hypocrisie qui accompagne la situation actuelle et au risque juridique pour le personnel médical et les proches des patients, confrontés à la souffrance sans espoir de rémission d’une personne qu’ils aiment.

Le Parti Socialiste avait déjà amené l’Assemblée nationale à débattre de cette question en présentant une loi en novembre 2009. Nous avions prouvé que celle-ci pouvait répondre à toutes les craintes exprimé sur les risques d’abus et sur la prise en compte de ce qu’était la réelle volonté du patient. Le débat au Sénat l’a à nouveau démontré. Aujourd’hui plus que jamais, l’adoption en France d’une loi sur la fin de vie ne dépend donc plus que de la volonté politique de la majorité au pouvoir. Sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres, dépasser enfin tous ces conservatismes ne sera donc possible qu’avec une victoire de la gauche en 2012.