01/14/2011

LA RÉPUBLIQUE IRRÉPROCHABLE

En 2007, Nicolas Sarkozy, alors candidat aux élections présidentielles, avait promis aux Français une République irréprochable s’il était élu à la tête de l’État. « Je veux que vous ayez totalement confiance dans vos élus, dans votre démocratie car c’est la force des grandes nations », assurait-il dans son programme.

Pourtant les manipulations des limites d’âge orchestrées en fonction des nominations désirées par le chef de l’État montrent par exemple que nous sommes loin d’une démocratie moderne dans laquelle les pouvoirs seraient rééquilibrés et l’action politique transparente. Pour la nomination du futur Défenseur des droits, la commission des Lois a adopté un amendement stipulant que cette fonction ne pourrait être exercée que par une personnalité ayant moins de 68 ans au jour de sa nomination. Certaines candidatures étaient ainsi de fait écartées et d’autres favorisées. L’amendement a finalement été rejeté en séance publique mercredi dernier.

Par contre, il n’en a pas été de même pour la nomination du Président de la Société du Grand Paris (SGP). En effet, alors que les parlementaires avaient tranché, le Président a demandé à Matignon de déroger à la règle des 65 ans prévue par la loi de 1984 pour la fonction publique et le secteur public.

La République des copains a remplacé la promesse d’une République irréprochable. Pour les amis de Nicolas, il n’y a pas de limite, même celle de l’âge fluctue en fonction de leur date de naissance.