09/03/2010

LA RENTRÉE : LA PURGE

Les cartables sont à peine bouclés que le bilan de la rentrée est déjà fait ; en 3 ans 65 000 enseignants en moins, en 8 ans 10 000 policiers supprimés. La nouveauté annoncée en trompette : des flics dans les écoles ! Allez comprendre…

En revanche ce qui est visible, c’est que le maintien de l’ordre et la transmission du savoir se réduisent comme peau de chagrin sous l’ère Sarkozy malgré les discours guerriers et les promesses. Ce sont des commissariats qui ferment la nuit et le week-end, des patrouilles réduites sur le terrain, une nouvelle loi par an qui contredit l’ancienne, la politique du chiffre qui pousse les policiers à se concentrer sur la chasse aux sans papiers et aux consommateurs de cannabis plutôt qu’aux démantèlements des filières et des trafics. Non seulement les résultats tant annoncés par Nicolas Sarkozy depuis 8 ans ne sont pas là, mais à chacune de leur publication de nouveaux boucs émissaires sont montrés du doigt. La haine de l’autre devient la devise de la République. Tandis que certains ministres donnent dans l’escalade de la violence verbale pour stigmatiser hier « les arabes », aujourd’hui « les roms », celui de l’Education exige des sanctions contre la violence verbale des élèves sans doute pour qu’ils évitent de suivre l’exemple du « casse toi pauvre con » cher au chef de l’Etat.

Ce n’est en tout cas pas cela qui va faciliter la tâche les 16 000 profs débutants lâchés seuls devant leur classe pour la première fois, sans la moindre préparation. C’est la nouvelle idée trouvée par le gouvernement pour compenser les suppressions de postes en cette rentrée 2010. Mais où en est la réforme du lycée lancée à grand bruit par le président de la République en 2008 ? Il y a des sujets dont on entend moins parler que d’autres.

Je m’interroge, tous ces propos xénophobes sont-ils prononcés pour couvrir les ratés de la politique gouvernementale ? Comment faire oublier le chômage qui dure, la baisse du pouvoir d’achat, la crise du logement, la dette abyssale de la France, l’injustice fiscale, les taxes qui augmentent pour les uns, les chèques du bouclier fiscal pour les autres, sans compter les affaires sur le financement de la campagne présidentielle ? La liste est loin d’être exhaustive, nous n’oublions pas et nous en reparlerons.