11/29/2012

LA DIRECTION DE LA RATP PRISE LA MAIN DANS LE CAMBOUIS

Le rapport de la Cour des comptes sur le marché des nouvelles rames du RER A, cité par le journal Le Monde, semble accablant pour la direction de la RATP.
La Cour des comptes dénonce une pratique « peu efficace » qui a favorisé Alstom-Bombardier au détriment de concurrents potentiels.

La direction de la RATP a semble-t-il caché sciemment le véritable prix du projet à son propre Conseil d’Administration. Ces « coûts prévisionnels très inférieurs à l’estimation réelle » ont aussi découragé les autres entreprises de déposer une offre. Résultats, les coûts ont explosé entre la prise de la décision et le paiement de la facture.Grace à la vigilance et la fermeté du STIF, les contribuables franciliens n’ont pas eu à supporter directement ce surcoût. Mais la RATP étant une entreprise publique, ce sont tous les français qui sont perdants dans cette histoire.

A l’Assemblée nationale, à l’occasion de la Commission d’enquête parlementaire sur les RER, j’ai soulevé la question de l’augmentation du coût de la rame, sans qu’il ne soit présenté au STIF de raisons valables. On comprend mieux pourquoi aujourd’hui.

Ce que ce rapport dénonce, c’est surtout un coûteux scandale supplémentaire du sarkozisme au pouvoir. Est la raison pour laquelle le Président de la Commission des Finances a enterré ce rapport après l’avoir reçu ? Ce contrat a été passé à la demande expresse de l’ancien Président. Par opportunisme politique, il est passé par-dessus toutes les lois de décentralisation. Un exemple de mauvaise gestion où la simple volonté du prince pouvait déboucher sur une dépense de 2 milliards d’euros d’argent public, au mépris de toutes les règles. Une situation ubuesque où la direction de la RATP lui a obéit aveuglément, au point de tordre la réalité pour lui faire plaisir.

Ce rapport, c’est le bilan d’un âge révolu depuis la victoire de François Hollande, mais dont les factures vont continuer de peser sur les français pendant de nombreuses années.