05/28/2015

La Philharmonie et la salle Pleyel sans opposition 

Capture d’écran 2015-05-28 à 16.08.54Il est des réalisations qui mettent tout le monde d’accord. La Philharmonie de Paris est de celles-là. Avec ses 2400 places, ses trois salles de concert et un taux de remplissage de 95% après seulement 4 mois d’ouverture, ce nouvel antre de la musique classique connaît des débuts prometteurs.

La Philharmonie a ouvert ses portes à La Villette en janvier dernier avec à cœur de faire émerger de nouveaux publics pour la musique classique. Dans ce nouvel espace, les grandes formations musicales ont posé bagages. L’Orchestre de Paris a établi sa résidence à la Philharmonie, mais il n’est pas le seul à y avoir aujourd’hui ses habitudes. Les Arts florissants, l’Ensemble contemporain et l’Orchestre national d’Ile-de-France, mais aussi l’Orchestre de chambre de Paris  et les Orchestres régionaux sont autant d’acteurs qui assurent aujourd’hui à la jeune Philharmonie des possibilités infinies de charmer les publics. Car l’enjeu de ce nouvel équipement culturel majeur est de rendre la musique classique accessible à tous, personne ne doit rester sur la touche et chacun peut se sentir concerné. Qu’on soit un mélomane averti ou un novice en la matière, la Philharmonie pense son fonctionnement en vue de transmettre une passion et un art trop souvent victime de préjugés.

En ce sens, la Philharmonie propose une programmation spécifique pour le weekend. Plus familiale, elle aborde la musique classique sous l’angle de la découverte et du partage. Des concerts participatifs permettent aux plus inquiets d’aborder la discipline de façon moins intimidante.

Mais la Philarmonie propose bien plus que des concerts, elle met en place des ateliers pédagogiques et des expositions. En bref, tout une programmation qui permet d’embrasser la musique classique via des angles d’approche différents pour des publics toujours plus variés.

La Philharmonie regroupe aujourd’hui en son sein la programmation classique parisienne et certains ont pu déplorer la fin de la salle Pleyel comme lieu de référence dans ce domaine. Désormais propriété de Fimalac, la salle Pleyel s’apprête à connaître une nouvelle ère qui je le souhaite, sera d’aussi grande qualité que celle qui s’est achevée, seulement dans un registre différent : plus de danse, de jazz, de variété… et l’objectif d’accueillir un plus large public.

La Mairie du 17e est de ceux qui ont eu du mal à faire leur deuil, à tel point qu’elle a organisé un concert de soutien dans ses murs pour que l’historique salle Art déco de la salle Pleyel, conserve une programmation classique. Je rappelle que la droite parisienne a soutenu le projet de la Philharmonie et que dès le départ il a été question de ne plus programmer de classique salle Pleyel.

Si la Mairie du 17eme a bien pour charge l’animation locale de l’arrondissement, et que toute manifestation culturelle est la bienvenue, il n’en demeure pas moins qu’il est regrettable qu’un concert se transforme en objet de propagande. L’initiative se chiffre tout de même à plus de 5000 euros. Rappelons que le budget de la mairie d’arrondissement alloué par la Mairie de Paris doit être avant tout consacré aux travaux urgents dans les écoles, aux investissements d’intérêt locaux et ne doit pas être utilisé à des fins politiciennes.